Après avoir envahi les grandes villes américaines, les taxis autonomes Waymo, avec leurs gros capteurs sur le toit et leurs volants qui tournent tout seuls, s’apprêtent-ils à débarquer en France ? On sait que l’entreprise lancera son service de taxis autonomes à Londres en septembre 2026, mais l’Union européenne n’était pour l’instant pas une option pour son expansion. En cause : une législation moins souple qu’ailleurs et non favorable à la conduite autonome.
Les équipes de Waymo, qui appartient à Google, ont-elles des raisons de penser que la situation va s’assouplir dans l’Union européenne dans les prochains mois ? Alors que l’ONU vient de déclarer un cadre mondial pour la conduite autonome, Waymo a créé trois filiales en France, en Allemagne et en Espagne. Tout suggère que les Waymo pourraient bientôt circuler à Paris, à Berlin ou à Madrid pour de premières captations de données.
Waymo France SARL, l’entreprise qui va mettre des taxis autonomes à Paris ?
Le site The Road to Autonomy, spécialiste de l’actualité de la conduite autonome, est à l’origine de la trouvaille. Trois entreprises ont été créées les 11, 15 et 23 juin :
- Waymo Iberia SL, pour l’Espagne
- Waymo Germany GmbH, pour l’Allemagne
- Waymo France SARL, pour la France
Il ne s’agit pas d’un photomontage : le numéro SIREN de Waymo France SARL existe vraiment. Il existe bien une nouvelle structure enregistrée à quelques pas des Champs-Élysées.

Que signifie la création de Waymo France ? À l’heure actuelle, pas grand-chose. Numerama a contacté les équipes de Waymo à San Francisco pour se renseigner sur l’enregistrement de cette structure, mais n’a pas reçu de réponse au moment de la publication de cet article.
Dans tous les cas, ne vous attendez pas à voir des Waymo à Paris dès la fin de l’année 2026. Waymo France est une structure légale qui mettra des mois à être opérante. Dans le meilleur des cas, si la législation s’assouplit, Waymo pourrait commencer à faire circuler ses véhicules dans des villes françaises en 2027… avec des chauffeurs humains. Le but initial sera de collecter des données avant, quand le service est prêt et quand les autorisations sont là, de lancer des courses autonomes.
L’Europe va-t-elle vraiment autoriser des taxis sans chauffeur ? Comment réagiront les vrais taxis ?
Pourquoi maintenant ? Le vote de l’ONU du 24 juin 2026 est une piste intéressante. L’ONU a adopté le premier cadre réglementaire pour les véhicules totalement autonomes, avec le soutien de l’Union européenne, des États-Unis, de la Chine, du Japon, du Canada et du Royaume-Uni. Ce texte ne légalise pas les robotaxis sur tous les marchés, puisque chaque État membre doit transposer ce texte dans son droit national avant qu’une voiture sans chauffeur ne transporte des passagers. Mais Waymo peut très bien commencer les tests dès maintenant pour ne pas perdre plusieurs mois au moment où la France dira oui.
Reste une inconnue de taille : la réaction des Européens. Les taxis, déjà contrariés par l’arrivée d’Uber et des VTC, risquent de voir d’un très mauvais œil l’arrivée de flottes sans chauffeur. On imagine mal les pouvoirs publics français, souvent méfiants envers la tech américaine, dérouler le tapis rouge à deux géants du numérique comme Google (Waymo) ou Amazon (Zoox). Le sujet Waymo pourrait devenir brûlant si la filiale française amène des taxis sans chauffeur dans les rues françaises.
Autre question : la concurrence est-elle prête ? Aux États-Unis, Amazon pousse ses Zoox et Tesla déploie de son côté son service Robotaxi dont le logiciel FSD a déjà décroché des homologations provisoires dans plusieurs pays européens comme les Pays-Bas ou la Belgique, mais pas encore en France. Uber, enfin, s’appuie sur des partenariats pour proposer des voitures autonomes dans son application. L’enregistrement de Waymo France SARL pourrait être le début d’un long feuilleton.
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