L’élève a définitivement dépassé le maître. Aujourd’hui marque à part entière, l’ancien label sportif de Seat, Cupra, fait office de fer de lance pour la grosse offensive produit du groupe Volkswagen. Parmi tous les modèles annoncés autour des 25 000 €, ce n’est pas le constructeur central qui a eu la primeur du marché, mais bien la firme espagnole.
C’est également elle qui a lancé la première sa campagne d’essais pour la presse, dans les environs de Barcelone, en Espagne. Numerama a ainsi été convié pour prendre le volant de la nouvelle Raval, une citadine qui rêve de rivaliser avec l’Alpine A290 GTS et la Mini John Cooper Works E. Excès d’ambition ou victoire assurée ? Verdict.
Design extérieur de la Cupra Raval : une citadine bien énervée
Dès la sortie de l’aéroport, une brochette de Cupra Raval nous attend sur le parking. Pour ces essais, j’ai jeté mon dévolu sur la plus extrême des versions baptisée… VZ Extreme. La panoplie est pour le moins expressive, ne serait-ce que pour la couleur « Vert Manganèse » matte qu’elle arbore.

Admirez plutôt ce museau façon nez de requin avec le capot plongeant, le bouclier agressif ou encore les optiques acérées, dont le dessin des feux diurnes est particulièrement réussi. De quoi suggérer un tempérament rebelle (ça tombe bien, son concept s’appelait Urban Rebel). Pour parfaire sa panoplie de sauvageonne des centres-villes, la Raval repose sur des jantes de 19 pouces cerclées d’un enjoliveur aux accents verts.

Comparée à sa cousine civilisée, la Volkswagen ID. Polo, la Raval affiche une silhouette plus tendue, même si l’on peut entrevoir un petit trait de famille au niveau de la signature lumineuse à l’arrière, laquelle traverse toute la largeur du hayon.
Côté dimensions, la citadine mesure 4,05 m de long pour 1,78 m de large et 1,51 m de haut. Le volume de coffre s’établit à 441 litres. Aucun frunk à l’horizon.
Design intérieur de la Cupra Raval : original et sportif
Après avoir ouvert la porte, j’ai dû me frotter les yeux pour voir si je ne m’étais pas trompé de voiture. Quelle ambiance ! Ce qui saute au premier coup d’œil, ce sont les sièges baquets « Cup » digne d’une Porsche ou une Lamborghini (option à 750 €). Même si c’est une Cupra, je n’en attendais pas autant dans une citadine.

En plus d’être réussi visuellement (pour le kéké que je suis), ils se montrent tout à fait confortables malgré leur apparence sportive. Le rembourrage des mousses est suffisamment généreux, tandis que le maintien est tout simplement excellent.
La sellerie est ici exclusive aux sièges, enveloppés dans un genre de tissu technique (100 % recyclés) à la texture 3D. Le reste de l’habitacle est tout aussi sympathique et surtout original. Dans cette version, les habituelles touches de cuivre ont laissé place à du vert façon aluminium anodisé. La planche de bord est couverte par une mousse de la même teinte tandis que la partie intermédiaire et les contreportes sont garnies de pièces avec un motif d’écailles. C’est bien présenté, mais quelque peu « plastoque » au toucher.

Pour impressionner vos passagers, vous pourrez également compter sur l’ambiance de nuit. On trouve un éclairage d’ambiance ceinturant le cockpit, de la lumière au milieu du tableau de bord ainsi que des projecteurs qui envoient un motif animé sur les portes (option à 950 €). La Fête des Lumières n’a qu’à bien se tenir !

Info-divertissement et aides à la conduite de la Cupra Raval : dans la bonne moyenne
La partie info-divertissement est assurée par un écran tactile central de 12,9 pouces offrant une bonne résolution. S’appuyant sur la dernière base logicielle de Google, Android Automotive OS, la fluidité est au rendez-vous, alors que la navigation dans les menus est correcte. Le conducteur a droit à une dalle de 10,25 pouces regroupant l’essentiel des informations.

Toutefois, un bémol assez embêtant est à noter pour ce dernier : il est impossible d’y afficher la navigation répliquée par Apple CarPlay ou Android Auto. En revanche, on peut y mettre le GPS embarqué. Dommage.

Sur le plan des aides à la conduite, la citadine ibérique fait le plein de sécurité. Les différentes alarmes et bips sonores se font (très) bien entendre et manqueraient d’un soupçon de flexibilité. On cherche à peine un menu que la sonnette de l’attention conducteur retentit. Sinon, la résolution des caméras (360° ici) est bonne, tandis que la conduite semi-autonome (niveau 2) a été plutôt efficace sur le peu de voies rapides empruntées, même si la ligne de droite peut parfois être trop collée.

Au volant de la Cupra Raval : trop efficace ?
Et sur la route, cette Cupra Raval VZ forte de 226 ch est-elle aussi rebelle que son look le suggère ? La réponse est malheureusement non. J’ai eu du mal à cerner la personnalité de cette citadine justement pour cette dualité. On apprécie son agressivité extérieure, on est séduit par ses sièges qui vous enveloppent et surtout, on adore ses suspensions pilotées, les fameuses DCC de chez Volkswagen.
L’amortissement peut ainsi se régler précisément au gré de ses envies, tantôt ferme (mais pas trop cassante) pour attaquer un col de montagne, tantôt souple (mais pas trop molle) pour aller chercher le pain. Un vrai régal.

Dans l’arrière-pays barcelonais, la Raval est diablement efficace dans les courbes. C’est un vrai petit scalpel qui reste solide sur ses appuis et prend soin de maintenir sa caisse tout en offrant précision dans son train avant. Bref, un comportement soigné.
Mais finalement, on a entre les mains une auto qui reste un peu trop sage, une avec laquelle on aurait aimé plus d’extravagance à son volant. D’autant plus qu’elle entend se mesurer à des modèles comme l’Alpine A290 et la Mini John Cooper Works E, qui sont eux, bien plus pétillants.

Ce manque de sensationnel est de l’autre côté exagéré dans la bande son ultra-artificielle diffusée à travers les haut-parleurs en mode Sport et en mode Cupra. Dommage, car à très faible allure ainsi qu’à l’arrêt, un grondement sourd assez bien réussi résonne dans l’habitacle.
Même constat sur la pédale d’accélérateur, où il faut faire preuve de ménagement puisque la sensitivité dans le mode de conduite le plus affûté Cupra est too much, pouvant ainsi entraîner des à-coups si l’on est un poil fougueux. Assurément, on ne peut pas lui reprocher un manque de vivacité (0 à 100 km/h en 6,8 s). Le freinage pâtit du même comportement avec une attaque trop franche à la pose du pied. Il n’en reste pas moins efficace.
Du côté de la partie régénérative, on profite de pléthore de réglages, limite trop. J’ai principalement joué des palettes lors de la conduite extra-urbaine et du mode One Pedal, correctement calibré, en ville. Dans les deux cas, l’insonorisation est par ailleurs très bonne pour la catégorie.
Autonomie et consommation de la Cupra Raval : sans surprise
Dans cette version VZ équipée de pneus sportifs, la Cupra Raval embarque une batterie de 52 kWh promettant 379 km selon le cycle WLTP. Un rayon porté à 440 km avec des gommes moins accrocheuses. À l’issue de mes différents parcours d’essai mélangeant routes de montagne, centre-ville et autoroute (120 km/h en Espagne), j’ai relevé une consommation moyenne de 17,4 kWh/100 km. De quoi suggérer une autonomie de 300 km en vidant intégralement la batterie. Entre 10 et 80 %, comptez plutôt 210 km.

Côté recharge, Cupra promet une puissance maximale de 105 kW en pic sur borne rapide. Sur la plage de batterie évoquée plus haut, la Raval demanderait d’attendre 24 minutes.
Prix et concurrence de la Cupra Raval : épineuse question
Positionné au sommet de la gamme, mon modèle d’essai Raval VZ copieusement optionnée pointe à 44 050 € (dont 2 050 € d’équipements). La version intermédiaire Endurance (211 ch) est disponible à partir de 36 100 €, tandis qu’une version entrée de gamme passant à une plus petite batterie de 38 kWh sera proposée dès cet été à moins de 26 000 €. Comme ses cousines du groupe Volkswagen, la citadine espagnole est éligible aux primes CEE, pouvant grimper à 5 170 €.

La Cupra Raval n’est donc pas donnée, mais se place dans la même veine que ses concurrentes directes, l’Alpine A290 GTS (45 000 €) et la Mini John Cooper Works E (42 600 €). Bien que ces deux dernières soient moins endurantes, elles offrent plus de sensations à leur volant, justifiant donc le supplément.
Le verdict

Cupra Raval
Voir la ficheOn a aimé
- Look sympa
- Comportement efficace
- Suspension pilotée au point
- Habitacle qui détonne
On a moins aimé
- Manque de fun au volant
- Freinage complexe à doser
- Son artificiel à couper
- Prix
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