Ce sont des dizaines de milliers d’Ukrainiens qui, chaque jour, accèdent à Internet via Starlink, d’après le ministre du numérique. Pourtant, les connexions aux satellites de SpaceX sont parfois ciblées par des attaques.

Voilà deux mois que les premiers kits de connexion à Starlink sont arrivés en Ukraine, juste après la guerre d’invasion menée par la Russie. À l’appel des autorités ukrainiennes, Elon Musk a annoncé la livraison de paraboles servant à établir une liaison Internet avec les milliers de satellites de SpaceX déjà actifs en orbite tout autour du globe.

Des milliers de kits Starlink sont déployés en Ukraine

Combien de ces appareils sont présents en Ukraine, aujourd’hui ? Quelques milliers, au moins. Début avril, on apprenait que le coût de ces dons à l’Ukraine était réparti entre SpaceX, qui opère Starlink, et l’USAID — l’Agence des États-Unis pour le développement international. À l’époque, on parlait d’environ 5 000 kits transférés en Ukraine.

starlink kit
Source : Tim Reckmann

Depuis, une nouvelle estimation circule. Selon des informations publiées par CNBC le 29 avril, il y aurait maintenant 10 000 terminaux Starlink en circulation dans le pays. Un nombre amené à évoluer, compte tenu de l’effort manifeste des États-Unis pour soutenir l’Ukraine face à la Russie, que ce soit sur le financement, l’armement ou le renseignement opérationnel.

Et ces appareils sont utilisés, assure Mykhailo Fedorov, le vice-premier ministre et ministre de la Transformation numérique de l’Ukraine. Dans un tweet partagé le 2 mai, il indique qu’il y a près de 150 000 personnes qui utilisent chaque jour Starlink pour se connecter à Internet. Ces appareils peuvent être alimentés par une source d’alimentation autonome.

Il y a beaucoup plus de personnes par rapport au nombre de kits en circulation. Cela s’explique à la fois par le fait que toutes les personnes qui en profitent ne s’y connectent pas au même moment et par le fait que chaque kit peut accueillir plusieurs internautes en même temps — exactement comme le ferait une box Internet classique, avec le Wi-Fi.

« Il s’agit d’un soutien crucial pour l’infrastructure de l’Ukraine et la restauration des territoires détruits. L’Ukraine restera connectée quoi qu’il arrive », se félicite Mykhailo Fedorov. En la matière, Starlink n’est pas seul : les opérateurs télécoms locaux font de leur mieux pour maintenir les réseaux en Ukraine et les rétablir lorsqu’ils sont pris pour cible par des attaques informatiques.

Risque de brouillage contre les liaisons Starlink

La Russie n’ignore certainement pas la présence de Starlink en Ukraine, ce qui avait d’ailleurs incité Elon Musk à recommander à s’en servir avec prudence : en effet, ces paraboles pourraient apparaître aux yeux des militaires russes comme des cibles de valeur à détruire, afin de rompre les liaisons satellitaires. Il y a aussi le risque du brouillage des communications.

Jusqu’à présent, Starlink semble avoir réussi à échapper aux conséquences de cette guerre électronique ou, du moins, à y résister. « Starlink, du moins jusqu’à présent, a résisté à toutes les tentatives de piratage et de brouillage », indiquait le 26 mars Elon Musk, un mois après le début du conflit et le début des premières livraisons de paraboles.

Et ce serait toujours le cas, suscitant une certaine admiration de l’armée américaine, à en croire Breaking Defense, le 20 avril, citant le directeur de la guerre électronique du Pentagone, qui souhaite en tirer des enseignements pour les militaires : « La façon dont Starlink a pu se mettre à niveau lorsqu’une menace s’est manifestée, nous devons être en mesure d’avoir cette capacité. »