L'industrie agroalimentaire a beaucoup développé son offre de « viande » végétale. Elle s'intéresse désormais de très près au poisson.

Nouveau menu chez OmniFoods. La startup basée à Hong Kong connue pour son faux porc végétal « OmniPork » a annoncé le 8 juin qu’elle allait étendre sa carte à de nouveaux produits végétaux. La spécificité de ces nouveaux substituts est qu’ils ne tentent pas de reproduire des aliments carnés, mais des produits de la mer. OmniFoods a précisé qu’il y aurait notamment au menu, des filets de poisson végétaux, des burgers de faux poisson ainsi que des substituts de thon.

Très concentrées sur le développement de viandes végétales, les entreprises du secteur agroalimentaire ont encore peu développé leur offre d’alternatives aux produits de la mer. Le faux poisson semble cependant sur le point de déferler dans nos assiettes.

Finless Foods va lancer un substitut végétal au thon cru en 2022 // Source : Finless Foods

Le poisson végétal se développe partout

Si OmniFoods a promis le lancement de trois nouveaux produits dès ce mois-ci à Hong Kong , la société prévoit aussi de développer plus tard du saumon végétal. La startup Finless Foods a également annoncé mardi 8 juin qu’elle développait un produit végétal censé reproduire le goût et la texture du thon cru. Le géant Nestlé a quant à lui commencé à prendre la température du marché dès l’an dernier, avec le lancement en Suisse d’un produit reproduisant le goût et la texture du thon en boite.

Que le secteur planche sur des substituts aux produits de la mer n’est guère surprenant. Le poisson représente un marché énorme ( 500 milliards de dollars au niveau mondial) en particulier dans les pays asiatiques. Et de plus en plus de gens sont sensibilisés aux conséquences très problématiques de la surpêche.

Une option contre la surpêche ?

Comme le souligne l’Ademe, 93 % des stocks mondiaux de poissons sauvages sont soit surexploités (33,1 %), soit exploités à leur niveau maximum durable (59,7 %). Cela conduit au déclin de nombreuses espèces marines telles que l’aiglefin, le cabillaud de l’Atlantique, la raie ou le thon rouge. Le WWF estime ainsi qu’entre 1970 et 2012, les populations marines ont presque été divisées par deux. Dans ce contexte, de plus en plus de consommatrices et de consommateurs s’intéressent aux options leur permettant de réduire leur consommation de poisson. Ces substituts alimentaires peuvent également séduire les personnes ayant des allergies à certains produits de la mer.

Il faudra cependant bien étudier la composition de ces produits lorsqu’ils seront mis sur le marché. Les viandes végétales sont généralement des produits très transformés dont la composition n’est pas toujours très équilibrée (les teneurs en sel notamment sont souvent très élevées). Le faux poisson présentera sans doute les mêmes limites.

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