À une époque, il était courant de graver des CD et des DVD. Beaucoup se servaient du logiciel Nero Burning ROM. Il y a une anecdote amusante au sujet de son nom.

Vous souvenez-vous de l’époque où l’on gravait des CD et des DVD pour se passer des films en DivX et des jeux vidéo piratés ses photos de famille ? C’était les années 1990 et 2000. Aujourd’hui, cette pratique est quelque peu tombée en désuétude. Il faut dire que c’est presque plus commode de s’envoyer directement les fichiers par Internet, grâce au très haut débit et aux services de transfert.

Si vous graviez des disques optiques pour mettre divers contenus dessus, pour vous ou pour d’autres, vous passiez sans doute par le logiciel Nero Burning ROM. Il s’avère que le nom de l’entreprise, qui est allemande, a une petite histoire amusante. Cela ne vous saute peut-être pas aux yeux, mais il y a deux façons de lire ce nom : Nero grave des CD et Néron brûle Rome.

Nero Burning Rom old logo
On ne trouvait pas l’ancien logo dans une image aux dimensions convenables, alors on a capturé toute une page de résultats à la place.

ROM est un acronyme signifiant Read Only Memory. On le retrouve dans le nom CD-ROM. Cela veut dire que c’est un disque optique qui ne peut être que lu : on ne peut pas graver quoi que ce soit dessus pour y ajouter des données supplémentaires. Par contre, dans le cas des CD-RW (pour ReWritable, soit réinscriptible), il est possible d’ajouter, modifier ou enlever des données via un graveur.

On pourrait donc presque considérer que l’entreprise allemande Nero met le feu aux CD-ROM, puisque ces derniers ne sont pas réinscriptibles et, de fait, sont antinomiques avec son business. Elle les brûle, car l’avenir est aux disques réinscriptibles. Mais là n’est pas la plaisanterie la plus savoureuse. Nero Burning ROM est aussi un clin d’œil au supposé acte de folie de Néron brûlant Rome.

En effet, en allemand, Néron et Rome s’écrivent Nero et Rom. Par ailleurs, pour enfoncer le clou, un ancien logo de la société représentait un pan du Colisée pris dans les flammes, sur un fond (un ciel ?) rougeoyant. Tous ces indices écartent l’hypothèse d’une coïncidence, qui serait pour le coup vraiment extraordinaire. Aujourd’hui toutefois, Nero — l’entreprise — a opté pour un logo plus classique.

Un anachronisme et un mythe historique

Pour la petite histoire, la blague imaginée par l’entreprise allemande repose à la fois sur un anachronisme et un mythe historique. Il y a un anachronisme, car le Colisée a été bâti entre 72 et 80 après J.-C. Or, Néron a vécu avant, entre 37 et 68. Il est donc impossible que ce haut lieu de la culture et du sport de l’Antiquité ait pu être pris dans l’incendie que l’on prête à Néron.

Néron Rome
Un tableau de Karl von Piloty dépeignant Néron, au centre, avec Rome en feu en toile de fond. // Source : Karl Theodor von Piloty

Par ailleurs, s’il est attesté que Rome a été frappé d’un immense incendie pendant le règne de Néron, l’implication de l’empereur dans cette catastrophe n’est pas établie — même si la folie que l’on prête à Néron, mais qui n’est pas non plus avérée avec certitude, continue d’alimenter l’hypothèse (on dit qu’il aurait joué de la cithare alors que sa ville était en proie aux flammes). La piste de l’accident est privilégiée aujourd’hui.

En fait, paradoxalement, c’est tout le contraire qui se serait produit : selon L’Histoire, Néron a fait son possible pour sauver Rome. Il est question de refuges pour les sans-abris, de construction de centres d’hébergement, de distribution de nourriture à très bas prix, de travaux de déblaiement, d’un plan d’urbanisme rénové et, sur un plan plus mystique, de cérémonies pour solliciter l’aide des dieux.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo