Waze publie un tableau de bord montrant l'effet du confinement sur le nombre de kilomètres parcourus en voiture, dans plusieurs villes et pays du monde. Le trafic automobile est en train de retrouver son niveau pré-confinement, à peine un mois après le début déconfinement.

En plein confinement, Google et Apple ont publié des tableaux de bord décrivant l’effet des restrictions de déplacement sur les habitudes de la population. Les écarts par rapport la normale se sont avérés spectaculaires, avec des chutes de fréquentation des lieux publics et des transports 70 à 90 %. Y compris en France, comme on peut le voir avec les courbes consacrées à des villes comme Paris, Lyon, Lille et Toulouse.

C’est à cet exercice que s’est aussi pliée Waze, la célèbre application de GPS qui permet non seulement d’établir un trajet, mais aussi de renseigner les autres automobilistes en cas d’évènements imprévus sur la route (embouteillage, accident, déviation, etc.). Son propre tableau de bord a été mis en ligne le 11 juin 2020, fait savoir Benoît Tabaka, le directeur des politiques publiques de Google France.

coronavirus Waze
La situation pour la France, entre début mars et début juin. La mise en place du confinement national s’observe immédiatement, tout comme le déconfinement progressif à partir du 11 mai.

Chute spectaculaire et reprise progressive

Sans surprise, les mesures collectées par Waze correspondent aux graphiques de Google et Apple.  Un effondrement du trafic automobile s’observe aux alentours de la mi-mars, puisque c’est à cette date, le 17 précisément, que la circulation n’était plus permise sans un motif valable — courses alimentaires, emplois ne pouvant pas s’exercer à distance, visites médicales ou encore convocations judiciaires.

Si l’effet du confinement en France se voit du premier coup d’œil, on remarque aussi une reprise significative vers la mi-mai : c’est en effet à cette période que la première phase du déconfinement a eu lieu, suivie d’une autre, le 2 juin — son impact sur le trafic n’apparaît pas encore sur le tableau, car celui-ci s’arrête aux alentours du 5 juin. Cependant, à cette date, un quasi-retour à la normale peut s’observer.

Un œil attentif remarquera que la courbe montre une légère inflexion entre le 17 mars et le 11 mai. Il est toutefois difficile d’en donner une explication : est-ce qu’elle traduit le fait que des dérogations de déplacement professionnel ont été de plus en plus utilisées, ou qu’un certain relâchement a eu lieu de la part de la population ? Peut-être est-ce un peu des deux, ainsi que d’autres facteurs non cités ici.

De fait, le trafic automobile retrouve son niveau pré-confinement, que ce soit en France ou ailleurs dans le monde. Ce n’est pas forcément une nouvelle positive, du point de vue de l’environnement et de la santé : la pollution est de retour comme avant. Le monde d’après, qui était fantasmé ce printemps, ne semble pas advenir. En tout cas, ce n’est pas celui-là qui est en train d’arriver.

Au-delà de l’observation franco-française, le tableau de bord offre aussi la possibilité de faire des comparaisons entre pays et ainsi d’avoir une petite idée, grâce aux courbes, des différentes politiques de lutte contre le coronavirus. Les variations que l’on peut voir à telle ou telle date sont dues à la réalité sanitaire propre de chaque pays, puisque la crise ne s’est pas déroulée en même temps dans le monde.

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Un exemple de comparaison qu’il est possible de faire, ici entre la France et Singapour. D’autres pays peuvent être ajoutés.

Des données anonymisées

Une analyse à une échelle plus petite, au niveau des villes, est aussi fournie. Dans le cas de la France, Waze a amassé des informations sur la localisation des véhicules pour Paris, Lille, Marseille, Toulouse et Bordeaux. Cette géolocalisation est rendue possible par la nature même de Waze, une application qui a besoin de connaître l’emplacement de ses utilisateurs pour pouvoir les orienter correctement.

Pour autant, l’entreprise — qui est une filiale de Google — précise que les données ont été préalablement anonymisées et agrégées, de sorte que la confidentialité individuelle n’est pas remise en cause, explique l’entreprise : « Aucune information personnelle identifiable, telle que la localisation, les contacts ou les déplacements d’une personne, n’est disponible par le biais de ces données. »

Waze dit se servir de la confidentialité différentielle. C’est cette approche que suit Google, qui lui permettrait de résoudre la quadrature du cercle : collecter des données personnelles tout en préservant la vie privée. Un créneau sur lequel se place aussi Apple. Cela ajoute du  « bruit » dans les données, pour avoir des informations utiles en général, mais qu’il n’est pas possible de rattacher à une personne.

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