Netflix est en train de déployer un nouveau codec pour ses vidéos. Grâce à lui, il faudra moins de données mobiles pour streamer des films et des épisodes de séries.

Contrairement aux offres dans l’Internet fixe, les formules taillées pour la téléphonie mobile ne proposent pas d’accès en illimité. Cette situation n’est pas vraiment un problème si vous vous contentez d’afficher quelques pages web avec votre forfait 4G. Ça le devient par contre si vous vous mettez en tête d’accéder à des services qui auront un impact majeur sur votre enveloppe de données mobiles.

C’est typiquement le cas des sites de vidéos à la demande par abonnement (SVOD), car l’affichage de films, de documentaires ou d’épisodes de séries télévisées requiert de transférer beaucoup de données, surtout si vous souhaitez en profiter en haute définition. La bonne nouvelle, c’est que les plateformes explorent des méthodes pour réduire leur impact sur la data, sans nuire à la qualité visuelle.

Tel est le cas de Netflix, qui a annoncé le 5 février que certains de ses programmes sont désormais diffusés au moyen du codec AV1 (AOMedia Video 1) vers ses clients dont le smartphone Android est compatible — le cas d’iOS n’est pas évoqué. Dans ce cas de figure, il remplace l’autre codec couramment employé, le VP9, qui a été développé par Google au début des années 2010.

Les spécificités du codec AV1, selon ses promoteurs.

Gain de 20 % sur la compression vidéo

Le gain est notable. Selon le géant de la SVOD, le codec AV1 propose une compression des contenus améliorée de 20 % par rapport au VP9. C’est substantiel dans le cas d’un usage en mobilité, car elle permet d’atteindre le même degré de qualité avec une vidéo dont le transfert sera moins volumineux. Résultat, le mobinaute verra son enveloppe de données mobiles être moins sollicitée.

Pour l’heure, Netflix prévient que le déploiement du codec AV1 est encore relativement confidentiel sur sa plateforme, puisqu’il ne concerne que des « titres sélectionnés », mais qui ne sont précisés. Mais dans les semaines et les mois à venir, « nous prévoyons d’étendre notre utilisation d’AV1 à un plus grand nombre de cas d’utilisation », promet le service de vidéo à la demande par abonnement.

« Nous pensons que l’efficacité de compression du codec AV1 convient bien à l’univers mobile où les réseaux cellulaires peuvent être peu fiables et où nos membres ont des forfaits de données limités », ajoute l’entreprise, même si elle entend aussi déployer ce codec plus globalement à l’ensemble des plateformes où elle opère. Des discussions ont justement lieu avec les industriels.

« Nous pensons que le codec AV1 convient bien à l’univers mobile »

L’intérêt de Netflix pour le codec AV1 n’est pas surprenant, étant donné qu’il fait partie des membres fondateurs de l’alliance for Open Media, qui est derrière AOMedia Video 1. À ses côtés, on trouve des sociétés comme Google, Facebook, Apple, Amazon, Nvidia, Intel, Cisco, IBM, Mozilla, Microsoft, Samsung, ARM, Adobe, AMD, Vimeo, Gfycat, Alibaba ou encore Tencent.

Google, par exemple, a commencé à le déployer sur YouTube en 2018 et Mozilla l’a ajouté à Firefox début 2019. VideoLAN, l’association à qui l’on doit l’excellent lecteur multimédia VLC, fait aussi partie de l’aventure, parce que ce codec, non content d’être performant, est aussi gratuit, ouvert et interopérable. Parfait, donc, pour un projet qui est pleinement engagé dans le mouvement du logiciel libre.

AV1 fournit un taux de compression moyen 30 % supérieur par rapport aux codecs concurrents dans la 4K, d’après des tests diligentés par l’alliance. Ses concurrents sont les solutions payantes H.264 (MPEG-4 AVC) et H.265 (MPEG-4 HEVC), ainsi que VP9, qui devraient être progressivement délaissées par les grandes plateformes à mesure que le codec AV1 s’imposera.

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