Twitter teste dans trois pays une nouvelle fonctionnalité qui permet de cacher des réponses faites à vos tweets. Une option inadaptée pour le harcèlement, mais qui peut avoir un intérêt pour organiser une discussion autour d'un sujet.

C’est peut-être une fonctionnalité que vous croiserez bientôt sur Twitter, si le réseau social se décide à l’étendre à l’ensemble de sa communauté. Déjà active depuis juillet au Canada, la faculté de masquer certains messages qui sont adressés en réponse à ses tweets vient d’être étendue en septembre à deux autres pays : les États-Unis et le Japon.

Selon le site communautaire, cette option offre aux membres un meilleur contrôle des conversations qu’ils initient. Un utilisateur qui lancerait un sujet et souhaiterait trier les réponses qu’il reçoit pour mettre en avant des réponses utiles, amusantes ou à contre-courant pourrait se servir de cette option pour écarter les autres tweets qui ont une valeur ajoutée moindre.

L’option permet de faire un tri dans les réponses que vous recevez et de mettre en valeur les meilleurs tweets. // Source : Gerd Altmann

Gérer une conversation plutôt que le harcèlement

Dans un contexte de cyberharcèlement en revanche, une telle option n’a aucune efficacité pratique : certes, l’outil permet de cacher des tweets, mais cela ne les fait pas disparaître pour autant. En outre, c’est à la personne qui se fait agresser sur Twitter de dire quels sont les tweets litigieux. Or, en faisant cela, elle s’y expose de fait, puisqu’elle doit bien les lire pour en connaître le contenu.

Comme le rappelle bien Twitter, c’est bien aux auteurs des tweets qu’il revient de masquer les réponses inadéquates à ceux-ci. En outre, « les réponses masquées sont déplacées sur une page indépendante », précise l’entreprise américaine. Dans ses pages d’aide, le site insiste bien sur le fait que « tout le monde peut toujours accéder aux réponses cachées », en cliquant sur l’icône adéquate.

Twitter Jack Dorsey
Jack Dorsey, le patron de Twitter. // Source : Ryan Lash / TED

De cette façon, Twitter se prémunit du reproche évident que l’on pourrait lui faire, à savoir que l’option est détournée pour éteindre les voix dissidentes.

Un utilisateur lance un sujet qui échauffe les esprits (comme, au hasard, le nucléaire, les vaccins, le glyphosate, les gilets jaunes, Emmanuel Macron…), mais n’apprécie pas certaines opinions contraires ou qu’on lui démontre qu’il a eu tort ? Il pourrait être tenté de les mettre hors de vue du reste de sa communauté. Mais puisque ces tweets ne sont pas détruits, mais déplacés, la portée de cette censure est faible, voire nulle.

Dans le cas d’un harcèlement, ce n’est pas vers cet outil qu’il faudra se tourner, mais plutôt vers les autres mesures que le site propose (partage de listes noires de comptes bloqués, filtre de la recherche, signalement facilité, notification groupée, etc). Autant d’options dont l’efficacité n’est pas toujours au rendez-vous, mais qui sont de toute évidence mieux taillées pour cette tâche que le masquage de tweets.

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