De Charybde en Scylla. Alors que Boeing doit déjà régler plusieurs problèmes sur le 737 Max, voilà que l'Agence européenne de la sécurité aérienne en rajoute une couche. Elle s'inquiète du fonctionnement du pilote automatique.

Si Boeing veut que le 737 Max revole un jour, il ne devra pas se contenter de satisfaire les exigences de l’administration de l’aviation civile aux États-Unis (FAA). Sauf à se contenter des vols intérieurs. Pour que son avion puisse de nouveau opérer à l’étranger, notamment en Europe, l’avionneur américain a l’obligation de cocher toutes les cases imposées par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA).

Or, les Européens aussi réclament plusieurs changements sur le 737 Max pour l’autoriser à redécoller. Ces corrections demandées sont globalement les mêmes que celles voulues par la FAA : amélioration de l’entraînement des pilotes, les capteurs d’angle d’attaque à fiabiliser, ajustement du compensateur pour qu’il tourne plus facilement, et la correction du dysfonctionnement d’un processeur.

737 Max
L’intérieur d’une cabine 737 Max. // Source : airbus777

Et maintenant, c’est le pilote automatique qui inquiète

Mais ce n’est pas tout. Selon les informations de Bloomberg, l’EASA a une cinquième crainte, qui concerne le pilote automatique : celui-ci ne s’est pas toujours désengagé dans certaines situations d’urgence nécessitant une reprise de l’appareil par l’équipage. L’agence de presse suggère que les pilotes pourraient ne pas avoir le temps d’intervenir avant que l’avion commence à décrocher.

Interrogé à ce sujet, un ancien pilote de 737, John Cox, qui préside aujourd’hui une agence spécialisée dans le conseil au sein de l’industrie aéronautique, estime que la perspective de devoir faire des ajustements sur le pilote automatique pourrait avoir des conséquences très lourdes sur l’avion — ce qui retarderait encore plus son retour opérationnel. Mais, a-t-il ajouté, nous n’en sommes pas encore là.

À la suite du double crash du 737 Max, la FAA a décidé en avril de constituer un groupe de travail réunissant plusieurs de ses homologues étrangères pour examiner la situation de l’avion et les correctifs techniques de Boeing. Outre les États-Unis et l’Union européenne, la structure rassemble les autorités de l’Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, des Émirats arabes unis, de l’Indonésie, du Japon et de Singapour.

Boeing avion 737 MAX
Des avions mis en parking. // Source : Eric Bannwarth

Le 737 Max va-t-il reprendre du service un jour ?

Début juillet, le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, a admis que les plus récentes failles de l’aéronef allaient retarder la reprise de ses vols. L’intéressé n’a donné aucun calendrier prévisionnel, mais cela pourrait prendre des semaines, voire des mois. Surtout s’il faut envisager une révision du pilote automatique. Sans parler du risque de voir de nouveaux problèmes émerger et du cas de figure où Boeing doit s’y prendre à plusieurs fois avant de satisfaire le niveau d’exigence des autorités.

C’est à se demander si le 737 Max pourra voler à nouveau cette année. En outre, la cascade de soucis autour de cet avion va poser une autre difficulté lorsque celui-ci sera réadmis au service actif : les passagers pourraient se montrer très réticents à l’idée d’emprunter des lignes aériennes desservies par cet aéronef. Les compagnies aériennes ayant acheté de nombreux avions pourraient en souffrir.

Crédit photo de la une : Liam Allport

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