Les opérateurs de téléphonie mobile peuvent depuis le 1er janvier 2019 utiliser des fréquences 4G supplémentaires dans de nouvelles régions françaises.

Vous habitez dans certains départements de la Nouvelle-Aquitaine, de l’Occitanie ou de l’Auvergne-Rhône-Alpes ? Bonne nouvelle ! Depuis le 1er janvier, votre opérateur de téléphonie mobile (que ce soit Orange, SFR, Bouygues Telecom ou Free Mobile) est autorisé à employer de nouvelles fréquences pour améliorer son réseau 4G dans ces régions.

Les fréquences dont il est question sont celles de la bande 700 MHz. En France, la 4G implique l’usage de plusieurs portions du spectre électromagnétique pour acheminer les télécommunications : outre la bande 700 MHz, le très haut débit mobile circule par les bandes 800 et 1800 MHz, ainsi que sur les bandes 2,1 et 2,6 GHz. Leur emploi par les opérateurs fait l’objet d’un suivi du régulateur.

Concrètement, l’autorisation d’utiliser les fréquences de la bande 700 MHz concerne 6 005 communes françaises, dont la liste est disponible dans ce document.

Il s’agit de la phase cinq du programme de mise à disposition de ces fréquences au profit des opérateurs mobiles. Les quatre premières se sont déroulées entre le 6 avril 2016 et le 1er octobre 2018. Elles ont couvert 14 440 villes et villages. Il reste encore deux étapes, planifiées le 1er avril et le 1er juillet. Elles permettront d’utiliser la bande 700 MHz dans 7 466 et 7 613 nouvelles agglomérations.

Des fréquences en or

Par conséquent, les mobinautes qui ont un forfait 4G auprès de l’un de ces opérateurs — à l’exclusion de SFR, celui-ci n’utilisant pas (encore ?) de fréquences dans la bande 700 MHz — et se trouvant dans les régions concernées par la phase cinq pourront bénéficier d’une meilleure couverture en 4G et de débits montants et descendants plus pêchus. Car il faut savoir que la bande 700 MHz est surnommée la bande en or.

Ces fréquences, qui ont beaucoup rapporté à l’État, ont un profil fort intéressant pour les opérateurs. Elles ont une portée accrue et se diffusent mieux dans les bâtiments grâce à une longueur d’onde plus étendue. De ce fait, elles s’avèrent efficaces lorsqu’il s’agit de couvrir des territoires ruraux où les lieux d’habitation sont éparpillés, mais aussi en ville, où les immeubles ne manquent pas.

or doré gold
Des fréquences en or. Allégorie. // Source : Abby

Tenir compte de la TNT

Reste une question : si ces fréquences sont si formidables, pourquoi diable ne s’en est-on pas servi plus tôt ? Parce qu’elles étaient utilisées auparavant par la télévision numérique terrestre (TNT). La bonne nouvelle, c’est qu’une réorganisation de l’emploi du spectre a eu lieu et le réaménagement des fréquences de la bande 700 MHz au profit des opérateurs a été lancé. Sauf que cela se fait progressivement.

En tout, 14 phases ont été planifiées par l’Agence nationale des fréquences. 10 ont déjà été bouclées. Il en reste donc 4, qui auront lieu le 15 janvier, le 26 mars, le 14 mai et le 25 juin. Ce processus de transfert se passe bien, même s’il est délicat. La TNT et les stations 4G en 700 et 800 MHz opèrent sur des fréquences proches : il faut donc veiller à ne pas gêner les usagers, dans un cas comme dans l’autre.

Télévision soirée
Un téléviseur. // Source : Marco Derksen

C’est ce qu’explique l’Agence : cette mise en place « peut, dans certains cas, affecter ponctuellement la réception des chaînes de télévision chez les téléspectateurs lorsque celles-ci sont captées par une antenne râteau ». C’est notamment vrai pour les foyers qui se trouvent non loin d’une zone géographique en cours de migration. Cette modification peut avoir des effets dans les communes limitrophes.

Reste qu’au final, ce sera un bond en avant pour les mobinautes de ces régions, surtout pour celles et ceux qui ont pris un abonnement chez Bouygues Telecom et Free Mobile. Ces deux opérateurs sont actuellement les plus actifs sur la bande 700 MHz : le premier dispose de 494 stations actives et le second de… 2 993. Orange est très loin derrière, avec 5 supports actifs.

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