Après ouvert les hostilités contre Facebook début mars, en l’accusant d’avoir enfreint sa propriété industrielle, voilà que BlackBerry vient d’ouvrir un second front judiciaire, cette fois contre Snap. La société sise au Canada a porté plainte contre la messagerie instantanée car celle-ci utiliserait dans son application des technologies qui sont brevetées et donc inutilisables par une autre entreprise.

Contre Snap, BlackBerry brandit pas moins de six brevets déposés entre 2012 et 2014. Le site Bloomberg précise que deux d’entre eux figurent parmi les sept qui sont cités par la firme dans sa plainte contre Facebook. Dans les deux cas, l’entreprise autrefois connue pour ses smartphones équipés d’un clavier physique reproche aux deux sociétés de puiser dans sa propriété industrielle sans aucune autorisation.

C’est d’ailleurs essentiellement des accords financiers que BlackBerry espère obtenir avec ce type de plaintes, en sécurisant un approvisionnement en royalties, via des licences d’utilisation de brevets, que Facebook et Snap lui verseraient régulièrement. En les traînant devant les tribunaux, BlackBerry  va instiller l’idée qu’il pourrait y avoir à la clé un verdict lui étant favorable, ce qui se traduirait pour la partie adverse par le versement de dommages et intérêts très significatifs.

BlackBerry

BlackBerry, troll des brevets ?

Comme le notent nos confrères, le patron de BlackBerry, John Chen, «  s’efforce de trouver d’autres sources de revenus, car les investisseurs expriment leur inquiétude quant au taux de croissance de la principale activité de l’entreprise dans le domaine des logiciels de sécurité. Cela conduit l’entreprise à rechercher, via sa bibliothèque de brevets, des opportunités pour signer davantage de contrats de licence et lancer des poursuites judiciaires ».

Cette stratégie est discutable, car elle fait prendre à BlackBerry une trajectoire proche de celle que suivent les trolls des brevets, ces entreprises qui se basent uniquement sur leur portefeuille de titres industriels pour extorquer de l’argent à d’autres sociétés, sans vendre quoi que ce soit. Certes, BlackBerry n’entre pas tout à fait dans cette case — il produit encore des smartphones et a une activité dans les logiciels, comme BlackBerry Messenger — mais le groupe gravite gravite autour.

C’est une bien triste évolution pour un groupe qui était autrefois un géant du smartphone.