Ils sont les gardiens de la bonne maintenance des projets open-source.
Qu’ils soient bénévoles ou rémunérés, sur Github ou toute autre plateforme de code collaboratif, les modérateurs supervisent les dépôts d’un projet, animent les discussions et jouent un autre rôle clé : valider ou refuser les contributions externes (les fameuses pull requests ou PR) pour maintenir la qualité du code et optimiser le projet.
Problème : depuis l’avènement de l’IA, leur charge de travail s’est considérablement alourdie. C’est en tout cas ce qu’affirment les mainteneurs du moteur de jeu open source Godot, confrontés à des vagues croissantes de PR de mauvaise qualité générée par l’IA.


Les témoignages s’accumulent
Une plainte exprimée en réponse à un concepteur de jeux vidéo qui estimaient que les contributions de l’IA étaient un « fiasco total ». Et cet échange est loin d’être isolé.
Concepteurs de logiciels 3D open source, bibliothèques de visualisation de données, distributions GNU/Linux : les témoignages de modérateurs se multiplient et décrivent le même phénomène. Ils se retrouvent aujourd’hui submergés par des contributions bâclées générées par IA qui apportent très peu de valeur et sont inexplicables par leurs auteurs humains.
Dans certains cas, il arrive même qu’aucun humain ne soit derrière la demande. C’est notamment ce qui est arrivé à un modérateur de Matplotlib, confronté à la fureur et aux calomnies de l’agent IA OpenClaw, dont la contribution avait été refusée.
Surtout, ces plaintes poussent les projets open source à repenser leurs politiques de contribution, pour rendre le travail des modérateurs tenable à long terme. Un bouleversement qui pourrait bien redistribuer les cartes des plateformes de code collaboratif.
Des mesures mises en place
Pour faire face à cet afflux, les stratégies divergent. De nombreux projets adoptent désormais des règles spécifiques contre les contributions générées par l’IA. L’outil curl a mis fin à son programme de bug bounty après l’explosion de rapports de sécurité IA, dont la validation prenait des heures. Des projets comme Ghostty passent à des modèles de contribution sur invitation uniquement, exigeant une discussion préalable.
Les modérateurs de Godot appellent quant à eux « davantage de financements » pour embaucher plus de mainteneurs et « gérer le désordre », d’autres comme Linux Gentoo ont pris une décision radicale : le 16 février 2026, ils ont annoncé leur migrationde GitHub vers Codeberg.
Beaucoup tiennent en effet GitHub, le géant incontesté du code collaboratif, partiellement responsable de la situation.
L’entreprise, qui promeut régulièrement les atouts de l’IA pour l’open source, semble toutefois avoir entendu l’alarme. Le 12 février 2026, la plateforme a consacré un billet de blog à ce sujet annonçant une série de mesures contre les demandes de fusion abusives ou spam.
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