Le nom de domaine ai.com est au centre d’une véritable partie de chaises musicales… à plusieurs millions de dollars. Le 6 février 2026, le Financial Times indiquait qu’il avait été racheté au prix record de 70 millions de dollars par Kris Marszalek, le PDG de Crypto.com. Il s’agit, à ce jour, du montant le plus élevé jamais connu pour un nom de domaine — un rachat rendu d’autant plus visible par une publicité diffusée lors du Super Bowl LX.
Mais très vite, plusieurs internautes ont relevé un détail pour le moins déroutant. Si le domaine renvoie bien vers une page au design léché, aucun produit ni logiciel fonctionnel n’y est proposé. Plus étrange encore, en y regardant de plus près, le site soulève de nombreuses interrogations quant à la réalité du service annoncé.
Pourquoi la Silicon Valley se bat-elle pour le nom de domaine ai.com ?
Pendant des années, ai.com (pour « artificial intelligence ») appartenait à un portefeuille de noms de domaine détenu par Future Media Architects. Enregistré dès le début des années 1990, ce nom de domaine ultra‑premium était proposé à la vente pour environ 11 millions de dollars. En 2021, le domaine est finalement cédé via le courtier Saw.com, pour un montant à huit chiffres non officiellement divulgué.
En février 2023, en plein boom de ChatGPT, les internautes remarquent qu’ai.com redirige désormais vers le célèbre chatbot d’OpenAI. Tout laisse alors penser qu’OpenAI est l’acheteur — ou, à tout le moins, le bénéficiaire du domaine. Le courtier Jeffrey Gabriel (Saw.com), qui a géré la transaction, laisse d’ailleurs entendre que l’acheteur est bien lié à ChatGPT, sans jamais pouvoir le nommer officiellement pour des raisons contractuelles.
À l’été de la même année, nouveau rebondissement : ai.com redirige cette fois vers xAI, la société d’intelligence artificielle d’Elon Musk. Sur fond de rivalité croissante avec Sam Altman, le domaine quitte alors l’orbite de ChatGPT pour devenir la porte d’entrée de la nouvelle initiative d’IA de Musk, avant d’être, par la suite, réaffecté à d’autres acteurs de la tech.
Jusqu’à finalement atterrir entre les mains de Kris Marszalek. La promesse affichée est ambitieuse : « déployer votre agent pour réaliser toute une gamme d’actions en votre nom, qu’il s’agisse de trader des actions, d’automatiser des workflows, d’organiser et d’exécuter vos tâches quotidiennes via votre agenda, et plus encore », le tout en quelques clics, selon la description de la vidéo promotionnelle.

Le site — à l’instar d’autres acteurs de l’IA — s’est même offert un spot publicitaire de 30 secondes lors du Super Bowl LX, annonçant une arrivée imminente. La publicité, très futuriste, affichait le logo AI.com accompagné du message « AGI is coming », invitant les internautes à réserver leur @handle — une affluence qui a même fait planter la plateforme.
ai.com, un énorme scam qui vous demande vos coordonnées bancaires ?
Sur le site, il est effectivement possible de créer un @handle, réservé pendant cinq minutes. Mais une fois la disponibilité confirmée, première surprise : ai.com demande directement de renseigner des coordonnées bancaires afin de prouver que l’utilisateur est « bien un humain ». Le site précise qu’aucune somme ne serait débitée, sans toutefois expliquer clairement l’utilité de cette étape — que nous n’avons pas souhaité franchir.

Un simple captcha un peu élaboré suffirait pourtant, a priori, à prouver que l’on n’est pas un robot. Un utilisateur sur Reddit, ayant testé la procédure avec une carte bancaire éphémère, indique que le site lui aurait simplement répondu : « nous vous informerons une fois que votre IA sera prête », sans même demander d’adresse e-mail. Un redflag de plus, finalement.
Quoi qu’il en soit, Kris Marszalek se montre particulièrement satisfait de son opération. « L’an dernier, j’ai eu l’opportunité d’acquérir ce domaine et je me suis dit que si l’on adopte une vision à long terme — 10 à 20 ans — l’IA sera l’une des plus grandes vagues technologiques de notre vie. Donc ce serait un bon investissement », a-t-il déclaré au Financial Times. Il a également indiqué espérer qu’AI.com puisse, à terme, proposer des fonctionnalités comparables à OpenClaw, mais avec une mise en route plus simple, pensée pour un public moins technique.
« Quand nous avons lancé Crypto.com, il y avait environ un millier de plateformes d’échange et nous avons quand même réussi à y arriver », a-t-il ajouté. « Nous ferons en sorte que ce projet fonctionne d’une manière ou d’une autre. »
En attendant d’en savoir plus sur ce projet encore très mystérieux, une chose semble acquise : entre une approche particulièrement agressive dès l’arrivée sur le site et le passé parfois controversé de Kris Marszalek — sociétés précédentes aux fins difficiles, accusations de pratiques douteuses et polémiques récurrentes autour de Crypto.com –, la prudence est probablement de mise.
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