Le 22 décembre 2025, les actionnaires d’Electronic Arts — éditeur notamment d’EA Sports FC (ex-FIFA), Battlefield et Les Sims — ont approuvé un projet d’acquisition à 55 milliards de dollars par un consortium d’investisseurs mené par le fonds souverain saoudien Public Investment Fund.

Le rachat d’Electronic Arts par l’Arabie saoudite n’a jamais été aussi proche. Le 22 décembre 2025, les actionnaires d’EA ont approuvé le projet d’acquisition à hauteur de 55 milliards de dollars, dans le cadre d’une opération menée par le fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF).

Les investisseurs du géant du jeu vidéo, éditeur notamment de EA SPORTS FC et de Battlefield, ont validé le rachat à 210 dollars par action lors d’un vote, rapporte Bloomberg. Un prix qui représente une prime confortable par rapport au cours d’EA avant l’annonce du deal, et qui a été largement perçu comme une offre très avantageuse pour les actionnaires. Un obstacle majeur demeure toutefois : l’examen du dossier par les autorités américaines.

La transaction devrait se conclure au premier trimestre de l'exercice fiscal 2027, soit entre avril et juin 2026. // Source : EA
La transaction devrait se conclure au premier trimestre de l’exercice fiscal 2027, soit entre avril et juin 2026. // Source : EA

Des sénateurs américains s’opposent au rachat d’Electronic Arts

L’opération, annoncée en septembre 2025, prévoit qu’Electronic Arts soit détenu à 93,4 % par un consortium d’investisseurs mené par le PIF. Celui-ci inclut également le fonds d’investissement technologique Silver Lake et Affinity Partners, le fonds de Jared Kushner, gendre du président Donald Trump. Si le rachat est validé, EA quittera la Bourse pour devenir une entreprise privée, contrôlée majoritairement par l’Arabie saoudite.

L’approbation récente des actionnaires lève un verrou important pour l’éditeur, la direction et les investisseurs étant désormais officiellement alignés sur la vente. Mais tout n’est pas encore joué : le deal ne pourra être finalisé qu’après un examen approfondi par les autorités américaines, notamment le comité CFIUS, chargé d’évaluer les risques de sécurité nationale liés aux investissements étrangers. Si nécessaire, d’autres régulateurs, comme ceux de l’Union européenne ou du Royaume-Uni, pourraient également intervenir.

Jared Kushner en 2019.  // Source : Wikimedia Commons
Jared Kushner en 2019. // Source : URL

Plusieurs sénateurs américains ont déjà exprimé leur opposition et réclament un contrôle renforcé, évoquant des risques d’influence étrangère et des enjeux de sécurité. L’implication de Jared Kushner alimente d’autant plus les critiques, certains dénonçant des soupçons de « népotisme » et de corruption. Le NYU Stern Center for Business and Human Rights, citant le média Popular Information, avance par exemple que le PIF aurait intégré Affinity Partners au montage afin d’améliorer les chances d’obtenir un feu vert du CFIUS. Une analyse partagée par les sénateurs Richard Blumenthal et Elizabeth Warren, qui, dans une lettre adressée au Trésor américain, s’interrogent explicitement sur le fait que Kushner soit impliqué « uniquement pour garantir l’approbation » du gouvernement fédéral, et donc pour sécuriser le feu vert réglementaire. 

La contestation ne se limite pas aux sphères politiques : des salariés d’EA et des syndicats comme la Communications Workers of America ont lancé une pétition adressée aux régulateurs, dénonçant la vente et appelant à un examen approfondi afin de protéger l’emploi, la liberté créative et la transparence au sein de l’entreprise. Une mobilisation qui intervient alors que la transaction prévoit également un endettement d’EA à hauteur de 20 milliards de dollars auprès de JPMorgan, le financement direct apporté par le PIF, Silver Lake et Affinity Partners s’élevant, lui, à 36 milliards de dollars.

L’Arabie saoudite a le vent en poupe… mais jusqu’à quand ?

Le PIF est l’un des piliers de la stratégie « Vision 2030 » de l’Arabie saoudite, destinée à diversifier son économie et à positionner le Royaume comme un acteur majeur du jeu vidéo. Le fonds a déjà investi dans Nintendo, Capcom ou encore Take-Two. Pour autant, certaines opérations pourraient inciter le PIF à plus de prudence : selon un rapport du New York Times relayé par Eurogamer, plusieurs investissements lourds pèseraient sur ses liquidités, ce qui pourrait ralentir son rythme de dépenses. En parallèle, des ONG et des syndicats du jeu vidéo accusent régulièrement le Royaume de « sportswashing » ou de « games-washing », c’est-à-dire l’utilisation d’investissements culturels pour redorer l’image d’un État souvent mis en cause pour des violations des droits humains.

Quoi qu’il en soit, pour Electronic Arts, le passage au statut de société privée — et donc la sortie de la Bourse — signifierait une moindre pression liée aux résultats trimestriels. Cela pourrait ouvrir la voie à des investissements plus ambitieux et plus risqués dans de nouveaux jeux, technologies ou services en ligne. Le siège resterait en Californie et la direction actuelle, notamment le CEO Andrew Wilson, devrait demeurer en place, envoyant ainsi un signal de continuité opérationnelle malgré ce changement d’actionnariat d’ampleur.

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