Mozilla, Chrome et Safari ont tous opéré des mises à jour avec la promesse d’une navigation plus sécurisée. Nous avons demandé aux experts en cybersécurité comment s’y retrouver entre tous ces navigateurs.

Le 14 juin, Mozilla s’est auto-proclamé « navigateur le plus sécurisé au monde », dans un billet de blog publié sur le site de l’entreprise. Le groupe a justifié son nouveau titre avec une mise à jour de sa politique de cookies, ces informations de connexion que nous laissons à chaque fois que nous trainons sur le web. L’accès à un cookie sera désormais limité seulement au site web que l’utilisateur a consulté, au lieu d’être stocké dans le navigateur à la vue de toutes les autres entreprises. Aucun autre site ne peut accéder à la « boîte à cookies ».

Cette mise à jour est certes une avancée au niveau de la confidentialité, mais d’autres navigateurs la proposent déjà, à l’instar de Safari (Apple) et Brave. Google Chrome ainsi que Microsoft Edge sont plus laxistes en ce qui concerne les informations, mais Chrome a le mérite de mieux filtrer les sites malveillants. On fait donc face à un dilemme.

« Lorsque l’on parle de sécurité, il faut distinguer la navigation et les données personnelles. Chrome est sûrement l’un des meilleurs lorsqu’il s’agit de bloquer un danger », indique Matthieu Dierick, spécialiste en cybersécurité chez F5. « Les barrières contre l’hameçonnage sont assez efficaces sur Chrome, notamment pour prévenir d’un site douteux » confirme Adrien Merveille, directeur chez Check Point, fournisseur de services de cybersécurité.

« Néanmoins, Google n’est pas très enclin à cacher votre vie privée. Facebook peut piocher des infos dans les cookies d’Amazon pour mieux cibler par exemple. Il est possible de configurer Chrome pour stopper ce libre accès, mais cela demande un peu d’expertise », nuance Matthieu Dierick.

Brave pour une connexion plus confidentielle

En ce qui concerne la confidentialité, l’expert en cybersécurité recommande plutôt d’utiliser l’outsider Brave. Ce Petit Poucet des navigateurs, lancé il y a un an par la société éponyme, collecte déjà 2,5 milliards de recherches, dont 411,7 millions durant le seul mois de mai 2022. Brave a la particularité de bloquer automatiquement les trackers publicitaires, mais aussi les annonces pop-up et les vidéos en lecture automatique.

Brave
Brave veut concurrencer les géants du secteur avec la promesse d’une navigation plus confidentielle Source : Brave

« À noter que certains navigateurs sont assez malléables en termes de sécurité et permettent l’utilisation de nombreux plug-ins, dont ceux des entreprises de cybersécurité. Cela permet de bloquer en amont le téléchargement d’un fichier dangereux par exemple » précise Adrien Merveille. « Attention toutefois aux plug-ins que vous téléchargez, certains sont des logiciels malveillants déguisés destinés à dérober toutes les données », prévient Matthieu Dierick.

Les deux experts s’accordent toutefois à dire qu’il n’y a pas de navigateur parfait et que prudence doit rester de mise lorsque l’on surfe sur le web. S’ils sont tous relativement équivalents, aucun navigateur ne réussira, de toute manière, à bloquer un malware assez sophistiqué.