Quatre astronautes civils sont à bord de la Station spatiale internationale pour huit jours. Quel est l’objectif de cette mission et que font-ils sur l’ISS ?

Pour la première fois, une capsule de SpaceX a décollé vers l’ISS en portant à son bord non pas des astronautes professionnels, mais des civils. Intitulée Axiom-1, la mission privée a décollé le vendredi 8 avril 2022, avant d’arriver avec succès en début d’après-midi à bord de la station spatiale le samedi 9 avril.

Embarqués au sein de cette mission, on trouve trois civils et un ancien astronaute de la Nasa — Larry Connor, Eytan Stibbe, Mark Pathy et Michael Lopez-Alegria. Il y a déjà eu des touristes dans l’ISS, mais les précédents équipages étaient mixtes, composés de professionnels et de civils, et les missions étaient opérées par des agences spatiales. Ce tout premier équipage privé de la station spatiale internationale est donc actuellement à bord, et pendant un total de huit jours. Mais que fait exactement cet équipage dans la station ?

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Les quatre civils qui sont partis à bord de l’ISS pour la mission privée Axiom-1. // Source : Axiom

25 expériences à bord de l’ISS

Cet équipage privé n’est pas à bord de l’ISS pour des vacances. Pendant leurs huit jours dans les coursives de la station, ils doivent accomplir ou participer à pas moins de 25 expériences différentes, un large éventail de recherches : les technologies d’auto-assemblage pour les futurs habitats spatiaux ; la recherche sur le cancer ; les dispositifs de purification de l’air dans les stations spatiales. Ils travaillent sur :

  • Un test de TESSERAE (Tessellated Electromagnetic Space Structures for the Exploration of Reconfigurable, Adaptive Environments), un outil qui permet d’associer entre eux des petites tuiles qui, une fois activées, « forment un essaim robotique d’unités autonomes et auto-assemblées ». En clair, à partir de quelques pièces, une structure plus grande est censée se former automatiquement. Il faut que ce soit testé en microgravité.
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Représentation artistique de Tesserae, en assemblage autonome dans l’espace. // Source : Axiom/MIT
  • Modélisation d’organoïdes tumoraux en orbite basse : c’est une étude qui vise à tirer partie du vieillissement accéléré en microgravité pour évaluer les changements précoces du cancer dans des organoïdes (c’est-à-dire des modèles d’organes).
  • Test du dispositif de purification d’air de la Japan Manned Space Systems Corporation. Il s’agit là de mettre à l’épreuve un filtre à air amélioré, visant donc à purifier l’air d’une station comme l’ISS et d’éliminer les odeurs, en utilisant la lumière « pour convertir en toute sécurité les composés volatils présents dans l’air en dioxyde de carbone et en eau ».
  • Des recherches biomédicales sur chacun des membres de l’équipage, pour mieux comprendre l’impact de l’espace : des données physiologiques, des tests cognitifs dédiés aux effets sur le cerveau, des tests d’équilibre et de perception et des tests d’acuité visuelle.

L’accent est notamment mis sur la médecine : « Les données recueillies en vol auront un impact sur la compréhension de la physiologie humaine sur Terre et en orbite, et permettront d’établir l’utilité de nouvelles technologies qui pourraient être utilisées pour de futurs vols spatiaux habités et pour l’humanité sur Terre », explique l’entreprise Axiom. 

Vers une station privée pour Axiom ?

La société privée Axiom, qui pilote cet équipage de civils en partenariat avec la Nasa, a lancé cette mission comme une brique préalable à son propre projet : créer une station spatiale privée en orbite basse. D’après l’entreprise, et les images qu’elle fournit, la construction des différents modules de ce projet est déjà en route.

L’assemblage final est censé avoir lieu à Houston en 2023, pour un lancement de la station commerciale au cours de l’année 2024.