TGO, l’orbiteur de la mission ExoMars, a repéré des indices d’eau dans un grand ensemble de canyons martiens. La découverte est étonnante car la zone est au niveau de l’équateur de Mars.

La mission ExoMars a trouvé quelque chose d’intéressant depuis son orbite autour de la planète rouge. L’Agence spatiale européenne (ESA) a annoncé, le 15 décembre 2021, que son orbiteur TGO (ExoMars Trace Gas Orbiter) aurait repéré de l’eau, plus précisément « de la glace ou des minéraux riches en eau », dans le « Grand Canyon » de Mars.

Selon l’ESA, « ce réservoir situé en faible profondeur pourrait être facilement exploitable par de futurs explorateurs ». Il est localisé au niveau de Valles Marineris, un grand ensemble de canyons se trouvant non loin de l’équateur de la planète. On sait déjà que l’eau existe sur Mars, mais la découverte de l’orbiteur d’ExoMars n’en est pas moins remarquable. La majeure partie de l’eau qu’on connait est localisée dans les régions polaires de la planète, où il fait froid. Cette glace d’eau n’est pas présente de la même façon au niveau de l’équateur, car les températures ne permettraient pas sa stabilité.

Valles Marineris. // Source : Flickr/CC/Kevin Gill
Valles Marineris. // Source : Flickr/CC/Kevin Gill

TGO permet aux scientifiques de voir jusqu’à 1 mètre sous la couche poussiéreuse à la surface de Mars. Les indices de la présence de cette eau ont été identifiés avec l’un des instruments de la sonde, FREND (« Fine Resolution Epithermal Neutron Detector »), un détecteur de neutrons qui permet de déterminer l’abondance de l’hydrogène dans le sol martien. Les scientifiques ont exploité des données obtenues par FREND entre mai 2018 et février 2021.

Une découverte rare dans les régions équatoriales de Mars

Dans Valles Marineris, l’instrument FREND a pu repérer une zone avec une quantité assez élevée d’hydrogène, dont la superficie équivaut à celle des Pays-Bas. « En supposant que l’hydrogène que nous voyons est lié aux molécules d’eau, jusqu’à 40 % des matériaux proches de la surface dans cette région semblent être de l’eau », commente Igor Mitrofanov de l’Institut de recherche spatiale de l’académie des sciences de Russie, cité par l’ESA. Il a mené l’étude publiée dans Icarus au sujet de cette découverte.

L’eau potentiellement repérée avec TGO pourrait exister sous forme de glace ou être liée chimiquement à des minéraux présents dans le sol — les scientifiques pensent que la première option est la plus probable.

« Cette découverte est rare pour les régions équatoriales, mais est probablement associée à des conditions géomorphologiques [ndlr : liées au relief] particulières à l’intérieur de Valles Marineris », peut-on lire dans l’étude. Identifier sous quelle forme a pu exister l’eau sur Mars, et où exactement sur la planète, est important pour retracer l’histoire de l’astre. Autrefois, l’eau y était probablement bien plus abondante. Une hypothèse serait qu’une grande partie de cette ancienne eau se soit échappée dans l’espace, mais une certaine quantité a aussi pu rester piégée dans la croûte de Mars.