Galileo est l’équivalent européen du GPS. Ce système se trouve sans doute dans votre smartphone. Mais connaissez-vous les raisons qui ont amené l’Europe à choisir Galileo pour baptiser sa constellation de satellites ?

Vous connaissez certainement le GPS, ce système de géolocalisation américain qui fait appel à une constellation de satellites en orbite autour de la Terre, pour calculer votre position géographique par triangulation. Cette méthode consiste à utiliser la géométrie, pour déterminer la position d’un point (en l’occurrence, vous) en se basant sur la mesure d’angle entre ce point et d’autres faisant référence.

Depuis quelques années, il existe un système concurrent que vous utilisez peut-être sans le savoir : il s’agit de Galileo, une alternative voulue par l’Union européenne pour répondre à des besoins d’autonomie stratégique. Aujourd’hui, de nombreux smartphones supportent Galileo. On retrouve aussi cette technologie dans les voitures et dans de nombreux autres systèmes qui ont besoin de se repérer dans l’espace.

Galileo
Le principe général d’une constellation de satellites comme Galileo. // Source : ESA

Galileo est un système plus moderne que le GPS, car sa mise en place est toute récente : les premiers envois de satellites remontent au début de la décennie 2010 et le service est actif depuis 2016. En comparaison, le GPS est plus ancien, même s’il est progressivement mis à jour, à mesure que sont remplacés les satellites obsolètes. Sa mise en place remonte aux années 70.

Peut-être savez-vous d’ailleurs quel est le sens de l’acronyme GPS : Global Positioning System, soit en français système de positionnement global. Un nom efficace et pragmatique, peut-être un peu abrupt et qui manque de style. Du côté de l’Union européenne, on a fait un choix un peu différent : on ne décrit pas le rôle du système directement dans son nom, mais on y fait indirectement référence.

Un hommage au savant italien Galilée

Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que Galileo est la version italienne du nom de Galilée, le célèbre savant qui a vécu de 1564 à 1642 et dont l’apport est considérable dans le domaine de l’astronomie. On pense à la lunette astronomique ou à la révolution de la Terre autour du Soleil. On lui prête même la fameuse citation « Et pourtant elle tourne », qui est possiblement une invention ultérieure à Galilée.

Mais alors, quel peut-être le lien entre les travaux de Galilée en astronomie et un outil qui sert à déterminer sa position dans l’espace ? Le fait que cela passe par des satellites qui sont en orbite autour de la Terre ? Pas tout à fait : il s’avère que Galilée a aussi eu un rôle très important dans la navigation, grâce à la conception d’un compas de proportion qui a grandement amélioré les mesures et l’orientation.

Galilée
Portrait de Galilée. // Source : Giusto Sustermans

« Avec ce compas il était dorénavant possible d’employer des formules trigonométriques en navigation qui étaient déjà connues depuis le 16e siècle, mais qui n’avaient jamais été publiées parce que trop difficiles à calculer. Il donnait notamment les moyens de déduire sa longitude […]. Tout pilote était alors en mesure de naviguer aussi précisément que jusqu’au milieu du 20e siècle, en supposant qu’il fût capable d’effectuer ces mesures précisément », lit-on dans une ressource sur l’histoire des mathématiques.

C’est ce que résume l’Agence spatiale européenne, dans une page dédiée publiée en 2008 : Galileo « porte le nom du célèbre scientifique italien Galileo Galilei, en hommage à ses réalisations non seulement dans le domaine de l’astronomie, mais aussi de la navigation ». En somme, la « méthode de Galilée pour déterminer la longitude […] a annoncé une révolution dans la navigation, la géodésie et la cartographie aux 17e et 18e siècles ». Cela valait bien un hommage, plus de 350 ans après.