Emmanuel Macron a confirmé lors de son allocution de novembre 2021 que de nouveaux réacteurs nucléaires vont être construits.

Emmanuel Macron n’a pas parlé que de la pandémie lors de son allocution du 9 novembre 2021. Lors de ce qui ressemblait plutôt fortement à un discours de campagne, le président de la République a aussi parlé d’environnement, et plus précisément du nucléaire.

« Nous allons, pour la première fois depuis des décennies relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays  », a-t-il annoncé. Combien de réacteurs est-il question ? Quel pourrait être le délai de construction ?

Six nouveaux EPR confirmés ?

Durant l’été 2018, un rapport commandé par l’ancien ministre de l’écologie Nicolas Hulot avait attiré l’attention. Celui-ci préconisait alors la construction de six réacteurs de type EPR (réacteur à eau pressurisée, troisième génération). Depuis, ce chiffre est revenu à plusieurs reprises, notamment car, en 2019, le gouvernement a commandé à EDF un audit sur les capacités de la filière nucléaire française à construire six nouveaux réacteurs. Puis, il y a quelques mois, au printemps 2021, EDF avait donc remis son rapport.

Un seul nouveau réacteur de type EPR est déjà initié : Flamanville-3. Si sa construction a démarré en 2007 et qu’il était initialement prévu pour 2012, les retards divers accumulés ont repoussé sa mise en service pour fin 2022. Actuellement, l’Autorité de sûreté nucléaire demande encore la réparation de certaines anomalies, mais celles-ci ne devraient pas bousculer le calendrier. Les six nouveaux réacteurs, qu’Emmanuel Macron a officialisés, arriveront normalement en plus de celui de Flamanville.

Le chantier de Flamanville en 2010 pour le nouvel EPR. // Source : Wikimédias/schoella

Le délai de construction d’un tel réacteur est normalement d’environ 5 ans (pour rappel, celui de Flamanville avait démarré en 2007 et devait s’achever en 2012). Mais ce type de projet étant surveillé de près lors de sa construction, notamment par l’Agence de sûreté nucléaire, des retards peuvent facilement s’accumuler. Il faut donc compter un délai de 5 à 10 ans.

Il est à noter qu’Emmanuel Macron a fait référence au développement des énergies renouvelables, sans toutefois préciser leur part dans cet avenir énergétique. Dernièrement, RTE (Réseau de transport d’électricité) avait publié un rapport présentant six scénarios de mix énergétique. S’il est certain, avec cette annonce, que le gouvernement ne fait pas le choix du 100 % nucléaire, reste à savoir lequel des cinq autres scénarios se précisera. Le rapport de RTE appuyait sur l’idée qu’un scénario se rapprochant du 50/50 présentait un bon ratio entre l’objectif de la neutralité carbone, la soutenabilité du développement du renouvelable, et la faisabilité économique.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo