Amazon vise la fin de l'année 2022 pour envoyer dans l'espace les deux premiers prototypes de satellites de son projet Kuiper. Comme SpaceX avec Starlink, l'entreprise veut installer une constellation de satellites offrant un accès à Internet.

Kuiper, le prochain casse-tête des astronomes signé Amazon, pourrait se concrétiser d’ici la fin de l’année prochaine. Il est en tout cas prévu de lancer les deux premiers satellites du projet au quatrième trimestre de l’année 2022, a informé Amazon dans un communiqué le 1er novembre 2021. Les deux engins seraient propulsés à bord d’une fusée RS1, de l’entreprise ABL Space Systems.

SpaceX a pris de l’avance

Le projet d’Amazon rappelle beaucoup Starlink, le projet de SpaceX pour offrir Internet depuis l’espace. Comme Elon Musk, Jeff Bezos a souhaité se positionner sur ce marché de l’Internet par satellites, en lançant une constellation de vaisseaux en orbite terrestre. L’envergure du projet est néanmoins plus modeste, car Amazon prévoit un total de 3 236 engins (positionnés à 590, 610 ou 630 kilomètres d’altitude), contre les dizaines de milliers qui doivent composer le réseau de Starlink. Les deux projets n’évoluent pas non plus au même rythme, car SpaceX profite d’une avance certaine — ses premiers vols destinés à placer les satellites en orbite ont eu lieu dès 2018.

Où en est Amazon avec Kuiper, exactement ? Dans son communiqué, la société précise avoir déposé une « demande de licence expérimentale  » auprès de la Commission fédérale des communications (FCC), chargée de la régulation des télécommunications aux États-Unis. Amazon y mentionne son souhait de lancer et d’opérer deux prototypes de satellites, baptisés KuiperSat-1 et KuiperSat-2, à une altitude de 590 kilomètres, « à des fins de test et de démonstration ». Ces satellites doivent permettre à Amazon « d’améliorer encore la conception de ses satellites pour le système Kuiper », peut-on lire. En d’autres termes, Amazon souhaite tester ses engins en conditions réelles (dans l’espace), avant de pouvoir envisager un déploiement commercial.

La séquence de tests prévue avec les prototypes de satellites d’Amazon. // Source : Amazon

Selon l’accord nouvellement conclu entre Amazon et ABL Space Systems, les lancements pourraient donc avoir lieu avec une RS1, depuis la base de lancement de Cap Canaveral en Floride — mais, d’ici là, la société doit encore obtenir un retour favorable de la part de la Commission fédérale des communications.

Deux autres défis : les débris et l’astronomie

Amazon n’a pas pu passer à côté de deux préoccupations centrales qui accompagnent le lancement de ce type d’engins : le problème épineux des débris spatiaux qui polluent l’orbite terrestre, ainsi que le mécontentement des astronomes dont les observations risquent d’être gênées par de telles constellations de satellites. Les deux thèmes sont abordés dans sa communication. Sur le premier point, Amazon assure que « KuiperSat-1 et KuiperSat-2 sont conçus pour [permettre] la disparition atmosphérique et seront activement désorbités après la mission  ».

Concernant l’autre aspect, la société indique sa volonté de « réduire la visibilité des satellites du système Kuiper  » : pour cela, Amazon mentionne vouloir travailler avec des astronomes. En outre, « l’un des deux prototypes de satellites comprendra un pare-soleil pour nous aider à comprendre s’il s’agit d’un moyen efficace de réduire la réflectivité et d’atténuer son impact sur les télescopes au sol  », écrit Amazon.

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