Boeing et la Nasa ne sont toujours pas tirés d'affaire avec les problèmes repérés au niveau des valves du système de propulsion. Le vol d'essai inhabité avec la capsule Starliner pourrait ne pas avoir lieu en 2021.

Pour Boeing, l’essai en conditions réelles de sa capsule Starliner s’apparente désormais à un long chemin de croix. L’entreprise américaine, qui n’a pour ainsi dire connu que des contrariétés depuis deux ans avec ce projet, n’a toujours pas de visibilité claire sur la suite des évènements. Les problèmes repérés avant une tentative de vol au mois d’août n’ont toujours pas été clairement identifiés.

C’est ce que Kathy Lueders, patronne des vols habités de la Nasa, a fait comprendre le 21 septembre 2021. Citée par Ars Technica, l’intéressée a confirmé que ses équipes comme celles du géant de l’aéronautique continuent d’enquêter sur les dysfonctionnements des valves du système de propulsion. En tout, 24 vannes existent. Mais quelques heures avant le vol, 13 n’ont pas pu s’ouvrir correctement lors d’une inspection.

Le report du vol de Starliner en 2022 se profile

Ce travail pourrait bien prendre encore quelques semaines, a admis Kathy Lueders. À l’issue, ces valves risquent fort d’être démontées pour des examens plus approfondis encore. Si cette décision est prise, il sera alors très improbable de voir Boeing expédier la capsule Starliner jusqu’à la Station spatiale internationale (ISS) en 2021. On en prend en tout cas le chemin.

Cela fait plus de cinquante jours que Boeing et la Nasa ont dû interrompre le décollage de la capsule Starliner, qui était l’un des grands rendez-vous de l’actualité astronautique de cet été. Depuis, tout est figé : la capsule a été détachée de la fusée Atlas V qui devait la lancer pour les besoins de l’enquête, mais aucune nouvelle échéance n’a été esquissée. Kathy Lueders l’admet : il faudra peut-être attendre 2022.

L’ISS est déjà très sollicitée en 2021, ce qui limite les créneaux disponibles. Il y a deux missions habitées russes (Soyouz MS-19 et Soyouz MS-20) qui sont prévues d’ici la fin de l’année, ainsi qu’une autre américaine (SpaceX Crew-3). À cela s’ajoutent aussi les opérations de ravitaillement, au nombre de trois : deux russes (Progress MS-18 et Progress M-UM) et une américaine (SpaceX CRS-24).

La capsule de Boeing, au sommet de la fusée Atlas. // Source : Joel Kowsky

L’essai que cherche à effectuer Boeing traine depuis 2019, date à laquelle l’entreprise a été confrontée à un premier échec. Depuis lors, le groupe a procédé à d’intenses vérifications et a vu son calendrier sans cesse modifié pour une raison ou pour une autre (y compris pour donner la priorité à d’autres). Par conséquent, le programme de Boeing accumule un retard notable par rapport à SpaceX.

Les deux sociétés participent en effet à un programme piloté par la Nasa qui consiste à donner aux États-Unis une autonomie dans le transport spatial d’équipage, en orbite basse dans un premier temps. Il s’agit de retrouver un accès qui avait été perdu en 2011 avec l’arrêt de la navette spatiale américaine. Depuis cette date, Washington devait s’en remettre à Moscou et son Soyouz pour rejoindre l’ISS.

SpaceX a pour sa part franchi toutes les étapes demandées et est désormais opérationnel pour transporter des astronautes dans l’ISS et les ramener sur Terre. Boeing, de son côté, doit non seulement réussir un premier test inhabité, mais il doit ensuite recommencer avec un équipage d’entraînement. La capsule Starliner devra entre autres s’amarrer à l’ISS, y rester quelques jours, puis revenir sur Terre en toute sécurité.

Il s’avère que la Nasa a déjà constitué un équipage pour embarquer une fois les deux tests (inhabité et habité) validés. Compte tenu de la situation incertaine dans laquelle se trouve Boeing, il est clair que ce premier vol opérationnel ne surviendra pas avant l’an prochain. Si Boeing y parvient, il y aura alors trois opérateurs capables de procéder à des vols habités. Ce qui sera une bonne nouvelle.

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