Ce n'est qu'en 2021 que Boeing pourra effectuer son tout premier vol opérationnel vers l'ISS, avec sa capsule CST-100 Starliner. Mais la NASA prépare déjà l'équipage qui montera à bord.

Boeing a encore du pain sur la planche avant de pouvoir se hisser au niveau de SpaceX : le constructeur aéronautique américain doit en particulier démontrer sa capacité à rallier et quitter la Station spatiale internationale sans encombre avec une capsule de son cru, le CST-100 Starliner. Une première tentative avait certes eu lieu en décembre 2019, mais elle s’était soldée par un échec.

Les contretemps et les loupés font partie de la conquête spatiale : la NASA le sait mieux que quiconque. Et si à court terme Boeing doit encore faire la preuve qu’il peut acheminer des équipages entre la Terre et l’ISS (deux tests sont prévus : l’un avec une capsule vide, Orbital Flight Test-2, et l’autre avec un équipage spécial, Crew Flight Test), l’agence spatiale américaine pense aussi au long terme.

Preuve en est avec la mission Starliner-1, qui sera la première mission opérationnelle de Boeing une fois que tous les vols d’essai seront bouclés et concluants — et qui se fera sur le modèle de la mission Crew-1 de SpaceX, prévue fin septembre : son équipage est déjà prêt. Si ce vol n’est pas attendu avant 2021, la NASA sait déjà qui se trouvera à bord de la CST-100 Starliner le moment venu.

En date du 25 août, trois astronautes prendront place à bord de la capsule en 2021. Deux d’entre eux étaient déjà connus : Josh A. Cassada et de Sunita L. Williams. Le troisième membre a été annoncé fin août : Jeanette Epps. Deux femmes et un homme, tous de nationalité américaine. La capsule Starliner sera alors loin d’être pleine : elle peut en effet accueillir quatre personnes de plus.

Sunita L. Williams

Des trois astronautes annoncés pour la mission Starliner-1, Sunita L. Williams sera sans conteste la plus expérimentée. À 54 ans, l’Américaine s’est déjà rendue à deux reprises à bord de l’ISS, lors des expéditions 14/15 et 32/33, entre 2006 et 2007 la première fois et en 2012 la seconde. Astronaute depuis 1998, elle a déjà effectué 7 sorties extravéhiculaires en orbite, pour un total de 50 heures.

Diplômée en management d’ingénierie, Sunita L. Williams a embrassé une carrière militaire en tant que pilote d’hélicoptère dans des unités opérationnelles. Désormais retirée du service actif, elle a atteint le grade de capitaine. Elle est aussi connue pour avoir été la première à courir un marathon dans l’espace, en tentant de reproduire le plus fidèlement possible les conditions de course — nonobstant la microgravité.

Sunita L. Williams
Sunita L. Williams, en 2013. // Source : NASA Johnson

Josh A. Cassada

En matière d’astronautique, Josh A. Cassada sera l’un des deux rookies qui prendront part à la mission Starliner-1. Celle-ci sera en effet son premier vol opérationnel. Mais pour le reste, l’intéressé est loin d’être un bleu : il est astronaute depuis 2013. À 47 ans, il a déjà une très solide expérience aérienne : il a plus de 3 500 heures de vol réparties sur 40 avions et a pris part à 23 missions de combat.

Arborant les insignes de commandant, Josh A. Cassada a également une casquette de scientifique. Diplômé en physique, il détient un doctorat qu’il a mené au sein du Fermilab, un laboratoire américain spécialisé dans la physique des particules des hautes énergies. Sélectionné en 2018 pour la mission Starliner-1, il s’entraine depuis avec Sunita L. Williams pour se préparer au grand jour.

Josh A. Cassada
Josh A. Cassada // Source : Bill Ingalls

Jeanette Epps

Deuxième rookie de la mission Starliner-1, Jeanette Epps est astronaute depuis 2011. Elle a été officiellement désignée le 25 août pour être la troisième membre de l’équipage, après Sunita L. Williams et Josh A. Cassada, sélectionnés en 2018. Elle est aussi dotée d’un fort bagage scientifique, avec une licence de physique, une maîtrise en science et enfin un doctorat en ingénierie aérospatiale.

Avant de rejoindre la NASA, Jeanette Epps a travaillé quelques années dans un laboratoire de recherche, lui permettant de faire apparaître son nom sur plusieurs brevets. Elle a aussi une carrière au sein de Ford mais aussi de la CIA, pendant sept ans, en tant qu’agent de renseignement technique. C’est désormais à la capsule CST-Starliner que l’intéressée devra se former : elle a plusieurs mois devant elle pour cela.

Jeanette Epps // Source : Aubrey Gemignani

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo