La Chine a lancé une nouvelle mission vers sa station spatiale Tiangong. Le vol Tianzhou-3 est inhabité et vise à acheminer vivres et matériel à bord. Il prépare l'arrivée d'un nouvel équipage de taïkonautes en octobre, pour une mission longue.

La Chine a fait décoller comme prévu une nouvelle fusée Longue Marche 7 dans la journée du 20 septembre, depuis la base de lancement de Wenchang située sur l’île de Hainan, tout au sud du pays. Objectif de la mission Tianzhou-3 : la station spatiale chinoise Tiangong, qui est en cours d’assemblage autour de la Terre, avec la mise en place d’un premier module, Tianhe, au cours du printemps.

La mission Tianzhou-3 est la troisième mission lancée par la Chine vers Tiangong et la deuxième qui est inhabitée. Elle fait suite à Tianzhou-2, qui a eu lieu en mai 2021, et surtout à Shenzhou-12, qui a constitué le premier vol habité de l’Empire du Milieu. Les missions Tianzhou sont des missions de ravitaillement et d’acheminement de matériel pour rendre la station habitable et avancer sa construction.

Une station spatiale fin prête en 2022

Au total, la Chine prévoit onze vols pour achever la mise en place Tiangong. Deux autres missions inhabitées Tianzhou sont attendues au printemps et à l’automne 2022. En parallèle, des séjours de taïkonautes seront organisés à travers les missions Shenzhou-13, Shenzhou-14 et Shenzhou-15. La première doit avoir lieu dès octobre 2021. Les deux autres surviendront courant 2022.

Le planning suit le même schéma : d’abord un lancement d’un cargo inhabité avec tout le nécessaire de vivres et d’équipement, suivi un mois plus tard par un vol habité. Il est à noter que Shenzhou-12 n’était certes pas le premier séjour spatial effectué par des Chinois, mais le premier à être de longue durée — pendant trois mois, Nie Haisheng, Liu Boming et Tang Hongbo ont vécu en orbite.

La Chine a lancé la construction de sa propre station spatiale, faute de pouvoir participer à l’ISS. // Source : Patrick Denker

Des lors, Tianzhou-3 prépare le terrain de Shenzhou-13. Il s’agira là-encore d’une mission de long durée, plus étendue encore que celle qui vient de s’achever. Il est prévu de laisser des taïkonautes six mois dans l’espace cette fois-ci — une durée similaire qu’observent les astronautes qui sont envoyés sur la Station spatiale internationale, à l’image de Thomas Pesquet par exemple.

Tiangong doit être fin prête en 2022. Actuellement, elle n’a qu’un seul module qui est en place, mais deux autres doivent être acheminés l’année prochaine. Les deux autres parties, appelées Wentian et Mengtian, seront des laboratoires pour effectuer des recherches dans un environnement de micropesanteur, ce que la Chine ne peut pas faire dans l’ISS, faute de pouvoir y accéder.

Tiangong peut accueillir normalement trois personnes, ce que la station a déjà fait cet été. Il s’agit de la troisième station spatiale conçue par la Chine, après deux premiers essais de plus petite taille. Ils ont été opérationnels entre 2011 et 2018 pour l’un et entre 2016 et 2019 pour l’autre. Une fois achevée, Tiangong affichera une dimension semblable à l’ex-station soviétique Mir. Elle servira pendant 15 ans.

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