Plus puissant télescope spatial jamais conçu, le « James Webb » devrait être envoyé dans l'espace d'ici la fin de l'année 2021. Avec le test de son miroir doré géant (6,5 mètres de diamètre), il franchit une étape clé pour son lancement.

Pour la dernière fois, le James Webb Space Telescope a déplié son immense « miroir doré » sur Terre. C’était un dernier test clé pour cet instrument qui sera, une fois dans l’espace, le télescope le plus grand et le plus puissant jamais envoyé dans l’espace par l’humanité. Comme l’explique la Nasa, dans un communiqué daté du 11 mai, l’essai représente « l’ultime étape d’une longue série de tests conçus pour s’assurer que [le miroir] du télescope Webb est prêt pour son long voyage dans l’espace, et sa vie d’intenses découvertes ».

Le miroir doré du télescope James Webb est une petite « merveille de technologie » rappelle l’agence spatiale américaine. « Pour observer des objets dans le cosmos lointain, et faire de la science qui n’a encore jamais pu être faite, le miroir du télescope Webb doit être si grand qu’il ne peut entrer dans aucune fusée existante », explique la Nasa.

Dernier test pour le miroir du télescope. // Source : Nasa / Chris Gunn

Un télescope situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre

Les équipes ayant travaillé à sa fabrication ont donc opté pour une construction en « origami  », avec de nombreuses parties amovibles « spécifiquement conçues pour former, une fois repliées, un ensemble compact ». Le résultat est un miroir impressionnant (6,5 mètres de diamètre), composé de 18 miroirs hexagonaux plus petits, et très légers. Une fois tous déployés, ces derniers agissent comme « un miroir unique très précis », grâce à divers mécanismes, revêtements spéciaux et composants électroniques.

Afin de s’assurer que le miroir doré se déploie sans encombre dans l’espace, les équipes ont veillé à reproduire autant que possible les conditions dans lesquelles il devra opérer, lorsqu’il sera situé à plus de 1,5 million de kilomètres de nous.

Un dispositif spécifique a été utilisé lors du test, pour que les mécanismes fonctionnent dans un environnement simulant celui, en gravité zéro, dans lequel il devra se déployer le jour J. « Les instructions logicielles envoyées et les mécanismes actionnés étaient les mêmes que ceux qui seront utilisés dans l’espace », indique également la Nasa.

Ce n’est pas seulement la dernière séquence de déploiement que l’équipe a monté pour préparer Webb à sa vie dans l’espace, précise Lee Feinberg, le responsable de l’optique du télescope au centre Goddard de la Nasa, « cela signifie, lorsque nous aurons terminé, que le miroir principal sera correctement positionné pour son lancement ».

Le James Webb Space Telescope devra encore subir plusieurs tests, notamment un sur sa tour déployable. Le projet a connu plusieurs reports (liés, entre autres, à la crise sanitaire du covid) et coûté nettement plus cher que prévu (9,7 milliards de dollars selon les dernières estimations). Son potentiel a cependant de quoi enthousiasmer : le télescope agira en effet comme une « machine à voyager dans le temps » en nous permettant d’observer les premières étoiles et galaxies de l’univers. Le télescope James Webb devrait être lancé dans l’espace d’ici la fin de l’année 2021.

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