Les fermes solaires fleurissent sur les sites d'anciennes décharges. Construire sur des sites contaminés est complexe, mais cela permet de valoriser ces zones et de trouver du foncier disponible.

Lorsqu’on pense à des panneaux solaires, on a tendance à les visualiser sur les toits de jolies maisons. Les acteurs de l’énergie solaire savent cependant bien que ce ne sont pas nos habitations qui offriront les meilleurs rendements. Toits de supermarché, champs, déserts… les zones à fort potentiel sont variées. Et parmi elles, un nouveau type de site attire de plus en plus l’intérêt : les décharges.

Aux États-Unis, une ferme solaire de 4,7 MW installée sur une décharge de Spanish Fork (Utah) va ainsi être mise en activité cet été. D’après PV-Magazine, les panneaux installés sur plus de 100 000 mètres carrés devraient fournir l’énergie nécessaire pour alimenter 3 000 maisons. En France, en juin dernier, la municipalité d’Ecuisses a, quant à elle, donné son feu vert au projet de construction d’une centrale photovoltaïque sur le site de l’ancienne décharge du Charmois.

Les fermes solaires peuvent être construites sur des sites contaminés tels que des anciennes décharges. // Source : Gustavo / Pexels

Bâtir une ferme solaire sur un site contaminé

Le choix de sites de ce type peut surprendre, mais de tels projets présentent plusieurs avantages. D’abord, ils permettent de valoriser des terrains autrement inexploitables. La municipalité d’Ecuisses explique ainsi que l’ancienne décharge sur laquelle des panneaux solaires vont être installés n’aurait pu être transformée « ni en quartier d’habitations, ni en surface agricole  ». Ce type de site permet du reste de disposer de foncier disponible en ville, où il est parfois complexe à trouver. La plus grande ferme solaire urbaine d’Europe sera par exemple située sur une ancienne décharge : celle de l’avenue de Labarde à Bordeaux. Le site fera 60 hectares et devrait produire l’équivalent de la consommation électrique (hors chauffage) de  70 000 habitants.

L’implantation de panneaux solaires sur des décharges est d’ailleurs en plein essor. L’Agence de Protection de l’Environnement américaine (EPA) note ainsi dans un rapport d’octobre 2020, que le nombre de projets de production d’énergie renouvelables sur d’anciens sites contaminés connait « une forte hausse », aux États-Unis, depuis 2008. « À l’heure actuelle, nous avons pu recenser 245 projets de production solaire localisés sur d’anciennes décharges. Plus de 218 d’entre eux ont été achevés entre 2012 et 2020  », souligne l’EPA.

Créer une ferme solaire sur ces sites est cependant un chantier complexe qui doit être mené avec soin. L’ancienne décharge de Bordeaux est par exemple recouverte d’une membrane, positionnée à 30 cm de profondeur, afin de prévenir les infiltrations d’eau. Impossible donc de poser les panneaux solaires sur des pieux fichés dans le sol, comme cela se pratique habituellement. Les Échos expliquent qu’il a fallu concevoir un système inédit avec des lests en béton coulés sur le sol, et aménager des kilomètres de pistes pour que les camions de construction puissent circuler.

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