Les secteurs éolien et solaire affichent des croissances exceptionnelles en 2020, révèle un rapport de l'Agence Internationale de l'Énergie. L'élément le plus positif de ce bilan est que ces chiffres records devraient devenir habituels dans les années à venir.

Tous les signaux sont au vert  — sans jeu de mots — pour les énergies renouvelables. L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a révélé dans un communiqué daté du 11 mai que le secteur enregistrait une croissance record en 2020. « Les capacités de production d’électricité renouvelable ajoutées en 2020 ont augmenté de 45 %, l’an dernier pour atteindre 280 gigawatts (GW). C’est la hausse annuelle la plus forte depuis 1999  », se réjouit l’AIE. Ce potentiel de production additionnelle est élevé en effet : il équivaut à la capacité totale de la zone ASEAN, « ce groupement de dix économies dynamiques du sud de l’Asie », précise l’AIE.

L’élément le plus positif du rapport de l’agence est cependant que ces records devraient devenir habituels. L’AIE prévoit ainsi l’ajout de 270 GW de capacité de production électrique d’origine renouvelable en 2021, et de 280 GW en 2022. Autrement dit, résume l’AIE, « la croissance enregistrée en 2020 va devenir la norme. »

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Une forte croissance de l’éolien et du solaire

Ces prévisions sont plus optimistes que celles que l’AIE avait formulées en novembre 2020. C’est, entre autres, lié au fait que les « entreprises ont signé des promesses d’achat record dans le domaine, et ce, en dépit des incertitudes économiques que la pandémie fait peser. »

Quelles énergies renouvelables, précisément, ont alimenté cette croissance exceptionnelle  ? L’éolien, tout d’abord avec 114 GW de capacité ajoutée en 2020. L’Agence Internationale de l’Énergie note toutefois que le solaire va affirmer sa position de « nouveau roi » sur le marché de l’électricité.

La Chine assure 40 % de la hausse des capacités sur les renouvelables

« La Chine est au centre du marché des énergies renouvelables » précise l’AIE. Le pays est le principal fabricant de panneaux solaires et de turbines éoliennes. C’est aussi le premier fournisseur de matériaux clés dans la fabrication de ces équipements : silicium, verre, acier, cuivre et diverses terres rares. Depuis plusieurs années, la Chine alimente environ 40 % de la hausse des capacités électriques vertes.

La croissance des énergies renouvelables en Chine devrait se stabiliser en 2021 et 2022, selon le rapport de l’AIE. Ce ralentissement devrait toutefois être compensé par une forte croissance des capacités dans d’autres pays.

« Des raisons d’être optimistes »

Une hausse soutenue est notamment attendue aux États-Unis. Elle pourrait même être « bien plus forte que prévue » si le gouvernement Biden parvient à faire approuver sa loi sur les infrastructures énergétiques. Une croissance soutenue des capacités électriques d’origine renouvelable est également attendue en Europe, en Amérique latine et en Inde. « Les records établis dans le domaine éolien et solaire nous donnent davantage de raisons d’être optimistes par rapport aux objectifs climatiques à atteindre », affirme Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Énergie.

Le secteur des énergies renouvelables devra cependant faire face à certains défis, notamment celui d’une gestion équilibrée des minéraux requis pour construire les équipements qui alimentent sa production.

Comme le rappelait l’AIE dans un autre rapport publié en mai, les centrales solaires, les fermes éoliennes et les véhicules électriques requièrent en effet davantage de ressources minérales (lithium, nickel, graphite, etc.) que leurs équivalents fossiles. «  Une voiture électrique type en demande six fois plus qu’un véhicule conventionnel, et une ferme éolienne offshore a besoin de neuf fois plus de ressources minérales qu’une centrale à gaz. » 

La transition vers l’électricité propre va donc accroitre très fortement les besoins sur ces ressources. « En parallèle d’une accélération des efforts menés pour réduire les émissions, les pays doivent s’assurer de la robustesse du système énergétique », avertit l’AIE. Selon l’agence, les chaînes d’approvisionnement en ressources minérales, et les investissements dans le domaine, ne sont pas adaptés à l’accélération de la transition énergétique qui se prépare, ce qui pourrait à terme faire grimper les prix de l’électricité, et les rendre imprévisibles.

L’AIE alerte notamment sur le fait que la production des minéraux est bien plus concentrée que celles des énergies fossiles. « Trois pays dans le monde contrôlent à peu près 75 % de la production de lithium de cobalt, et de certaines terres rares. » La République Démocratique du Congo et la République de Chine assuraient, par exemple, 70 % de la production de cobalt en 2019.

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