Une zone d'exclusion aérienne a été définie pour trois jours autour du centre d'essai de SpaceX, au Texas.

Le calendrier se resserre pour le prochain vol du Starship. La semaine dernière, Elon Musk évoquait la finalisation d’un nouvel exemplaire de sa future fusée. Désormais, des notices d’exclusion aérienne émises par l’administration de l’aviation civile aux États-Unis (FAA) suggèrent un tir possible d’ici le milieu ou la fin de cette semaine. Des fermetures de routes autour du site d’essai de SpaceX ont aussi été prononcées.

Les messages aux navigants, dont Business Insider se fait l’écho, prévoient une zone d’interdiction de survol les mardi 23 mars, mercredi 24 mars et jeudi 25 mars. SpaceX prévoit en effet un décollage à haute altitude d’un nouvel exemplaire de son prototype, à au moins 10 kilomètres d’altitude. L’entreprise souhaite vérifier si ses derniers ajustements vont lui permettre cette fois d’éviter une explosion.

Réussir un atterrissage qui ne finit pas dans une explosion

Depuis qu’il procède à des vols à haute altitude avec son prototype Starship, SpaceX n’a pas encore réussi une séquence vraiment parfaite : les modèles SN8 et SN9 ont exposé tous les deux au moment d’atterrir, le premier à cause d’une pression insuffisante dans le réservoir, entrainant une poussée insuffisante pour se poser en douceur, le second parce qu’un des trois moteurs ne s’est pas rallumé.

Avec SN10, une accumulation de soucis a causé la destruction du prototype. Cette fois, il a pu atterrir avant de détoner. Il y a un problème avec l’utilisation de l’hélium pour pressurer le réservoir de méthane — le but était de trouver une solution au souci relevé avec SN8. En outre, le SN10 a vu sa structure déformée à l’atterrissage, à cause d’un angle d’atterrissage imparfait et des pieds qui ne sont pas bien déployés.

Il est attendu que la mission SN11 ait un profil strictement identique aux trois précédentes : un décollage par la propulsion de trois moteurs Raptor, suivi de leur extinction contrôlée et successive. Une fois à son apogée, l’engin bascule sur le flanc pour revenir sur Terre, dans le cadre d’une descente contrôlée. Ce retour aérodynamique se finit par un rallumage des moteurs pour redresser l’engin, et préparer son atterrissage.

Starship SN10
L’explosion spectaculaire du SN10, après son atterrissage, quand ses réservoirs se sont embrasés. // Source : Trevor Mahlmann

La confirmation du décollage cette semaine arrivera plus tard, en fonction de la météo à Boca Chica, la localité texane où se trouve non loin le centre d’essai de SpaceX. Comme à son habitude, l’entreprise proposera un flux vidéo pour suivre l’évènement en direct. On ne sait toutefois pas à quelle heure il aura lieu. Étant donné le décalage horaire avec la France, l’horaire pourrait ne pas être commode.

Les aficionados de la conquête spatiale devront par ailleurs être à l’affût, car SpaceX n’annonce généralement pas un gros préavis avant un essai — il est déjà arrivé qu’il ne s’écoule qu’une minute entre l’annonce d’un tir sur les réseaux sociaux et la mise à feu effective du prototype. Nous tâcherons de suivre l’évènement pour savoir si cette fois SpaceX réussira à ne pas détruire son engin.

À moyen et long terme, les projets de SpaceX font de Starship un « couteau suisse » de l’aventure spatiale. Il doit succéder au Falcon 9, son lanceur de base, ainsi qu’à sa version plus lourde, le Falcon Heavy. L’éventail de ses missions sera très large : il est prévu de lui faire assurer des mises en orbite de satellites, des transports d’astronautes, de voyages jusqu’à la Lune (pour un survol touristique en 2023, mais aussi pour accompagner la création de la future station spatiale lunaire). Et plus tard encore, Starship doit aussi servir à se rendre sur Mars.

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