Les biologistes ont découvert, près de la ville de La Paz, de toutes nouvelles espèces jamais vues jusqu'alors. Ils ont aussi redécouvert des spécimens d'espèces que l'on croyait disparues, car elles n'avaient pas été vues depuis 20 ou même 100 ans pour certaines.

Évaluer le nombre d’espèces animales et végétales peuplant la Terre est une tâche ardue. Il y en a probablement des millions — 7 à 8 millions en fonction des estimations. Nous n’en connaissons qu’une partie. En 2019, 71 espèces ont été découvertes. Ces trouvailles sont toujours précieuses. Une expédition comprenant 17 scientifiques, menée dans la cordillère Royale en 2017, une chaîne montagneuse en Bolivie, a mis au jour plus de 1 200 nouvelles espèces, d’une « diversité exceptionnelle ». L’équipe a révélé ses trouvailles, après avoir pris le temps de les confirmer, le 14 décembre 2020, via le site de Conversation International.

En plus de nouvelles découvertes, cette expédition de deux semaines a aussi offert des redécouvertes. Les scientifiques sont tombés, en bordure de la ville de La Paz, sur un spécimen de grenouille qui n’avait pas été observé depuis plus de 20 ans. Plus impressionnant encore, l’expédition a permis de retrouver un papillon qui semblait avoir disparu depuis 98 ans ; et deux espèces de plantes qui avaient été vues pour la dernière fois il y a respectivement 125 et 127 ans.

« Devil Eyes Frog », une espèce de grenouille que l’on n’avait pas vue depuis 20 ans, et que l’on croyait éteinte.. // Source : Steffen Reichle

« La remarquable redécouverte d’espèces que l’on croyait éteintes (…) illustre comment un développement durable qui soutient la conservation de la nature peut garantir la protection à long terme de la biodiversité, commente via Conservation International le biologiste Trond Larsen, qui avait codirigé l’expédition. Cette zone est devenue un refuge pour les amphibiens, les reptiles, les papillons et les plantes qui n’ont été trouvées nulle part ailleurs sur Terre ». Plus d’une vingtaine d’espèces listées comme menacées semblent par ailleurs être présentes en grand nombre dans cette zone.

20 espèces « nouvelles pour la science »

La zone est exceptionnellement riche en diversité au sein de chaque groupe taxonomique, c’est-à-dire que le nombre de branches pour une espèce ou une sous-espèce est élevé. Parmi les espèces totalement « nouvelles pour la science », qui ont été mises au jour durant cette expédition, on retrouve par exemple la « grenouille lilliputienne ». Elle est l’un des amphibiens les plus petits jamais référencés : elle mesure 1 centimètre ; ce à quoi s’ajoute une peau semblable à des branchages ou de la boue, ce qui la rend très difficile à repérer.

« Liliputian frog », nouvelle espèce de grenouille mesurant 1 cm. // Source : Trond Larsen

Les chercheurs ont également découvert de nouvelles espèces de serpents et de papillons. Il faut y ajouter, du côté des plantes, de nouveaux spécimens d’orchidées et de bambou. Ils ont mis en ligne les photos de toutes ces nouvelles espèces.

Nouvelle espèce de papillon découverte près de La Paz. // Source : Fernando Guerra

« Ce n’est pas tous les jours que l’on découvre 20 nouvelles espèces en deux semaines », remarque le biologiste Trond Larsen auprès de Conservation International. « L’une des choses qui m’a le plus surpris est la proximité de la vallée avec La Paz, l’une des plus grandes villes de Bolivie. Imaginez un centre urbain animé et peuplé à seulement 50 kilomètres d’une vallée vierge débordant de biodiversité. »

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