Olivier Gras, adjoint au chef de bureau des produits chimiques, au sein de la Direction générale de la prévention des risques (DGPR), nous donne quelques indications clé sur les gels hydroalcooliques.

À l’entrée des magasins, au bureau ou avec un petit flacon dans le sac, les gels hydroalcooliques se sont imposés dans notre quotidien. Leur utilisation nécessite de bonnes pratiques, comme veiller à la bonne conservation du flacon. Mais en période de crise sanitaire, ce sont aussi certaines inquiétudes qui émergent. Tous les flacons se valent-ils ? Pourquoi ont-ils parfois des textures si différentes ? Voici comment bien acheter un produit hydroalcoolique permettant de se protéger efficacement.

La texture est l’une des premières différences que l’on remarque à l’utilisation. Olivier Gras, adjoint au chef de bureau des produits chimiques, au sein de la Direction générale de la prévention des risques (DGPR), indique à Numerama que la viscosité provient de la présence d’agents épaississants. « Plus leur proportion est élevée, plus le gel sera visqueux », mais ce n’est pas un critère important, car « ces agents n’ont aucun rôle dans l’efficacité du produit », rassure-t-il. Cela n’a d’impact que sur la dénomination du produit, qui sera un gel s’il est visqueux, ou une solution s’il est liquide.

Il existe toute une variété de gels hydroalcooliques disponibles dans le commerce. // Source : Numerama / Marcus D.B.

Comment acheter un bon gel hydroalcoolique ?

Les fortes odeurs proviennent en général de l’alcool présent dans le gel — qui vient s’ajouter à l’agent antibactérien pour ses propriétés antiseptiques. Si une partie de la fabrication est standardisée, « les compositions des gels hydroalcooliques varient d’un fabricant à l’autre », nous explique Olivier Gras, et les odeurs peuvent varier tout simplement lorsque les origines de l’alcool varient.

Certains fabricants ajoutent toutefois des parfums, pour masquer la forte odeur de l’alcool. Sur ce point, Olivier avertit : certains agents parfumant peuvent être irritants ou sensibilisants, pour la peau et les voies respiratoires. De manière générale, il faut donc faire « attention à la présence de parfums et de trop nombreux ingrédients autres que l’alcool et l’eau ».

Pour vous assurer que vous vous tournez vers un gel hydroalcoolique de qualité et efficace, Olivier Gras a listé à Numerama divers critères envers lesquels être attentif :

  • Le critère principal : « une concentration suffisante en alcool (éthanol ou isopropanol) ». Cette concentration doit être d’au minimum 60 %, précise-t-il. C’est un critère absolument incontournable.
  • Ces produits obéissent à des normes «  permettant de tester l’efficacité de ces produits contre les bactéries, les virus et autres microorganismes ». Il faut donc vous tourner vers l’étiquetage du flacon, afin de vérifier que ces normes sont bien indiquées, car cette mention « garantit a priori une efficacité contre les microorganismes concernés ». Parmi ces normes, la plus importante dans le contexte est NF EN 14476 pour la capacité du produit à tuer les virus. Vous ne devez pas acheter de gel ou de solution hydroalcoolique ne comportant pas cette norme. D’autres normes, comme NF EN 13727 / NF EN 1040 / NF EN 1500 / NF EN 1276 garantissent une action antibactérienne.
  • Les solutions et gels hydroalcooliques désinfectants « sont des produits biocides appartenant au type de produits 1 ‘désinfectants destinés à l’hygiène humaine’ », ce qui fait qu’ils sont réglementés. Ils comportent la mention « Produit biocide : TP1 », qui peut être formulée différemment parfois, comme « Matières actives biocides TP1 » ou juste « Biocide TP1 ».
  • Plus largement, Olivier Gras insiste auprès de Numerama sur le fait que le produit doit être « correctement étiqueté, et comporter notamment les instructions d’utilisation, la nature de la substance active (éthanol, isopropanol, autre) et sa concentration ».

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