Des scientifiques ont identifié une « supernova partielle » dans la Voie lactée : une naine blanche aux propriétés surprenantes, vestige d'un système binaire. L'astre n'est peut-être qu'un exemple d'un groupe plus large.

Une « supernova partielle » a été découverte à l’aide du télescope spatial Hubble. Cette étrange étoile, qui voyage à 900 000 km/h, est en train de traverser notre galaxie. Sa découverte a été rapportée dans une étude de la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, publiée en juin et présentée le 15 juillet 2020 dans un communiqué de l’université de Warwick (Royaume-Uni).

Les scientifiques s’intéressent à un objet nommé « SDSS J1240+6710 ». Ils soupçonnent que cet astre est « le vestige partiellement brûlé d’une naine blanche de faible masse qui a subi un événement thermonucléaire ». Une naine blanche est un résidu d’étoile, qui forme un astre très dense (environ la taille de la Terre) lorsque l’étoile a épuisé son carburant. Le cas de SDSS J1240+6710 ouvre la possibilité que ce type d’événement ne soit pas si rare dans la Voie lactée (voire dans d’autres galaxies).

Deux naines blanches sur le point de fusionner ; // Source : ESO/L. Calçada (photo recadrée)

Le reste d’une étoile binaire qui aurait survécu

« La plupart des étoiles nées dans l’Univers sont destinées à finir leur vie en tant que naines blanches », rappellent les scientifiques. C’est le cas, par exemple, de notre Soleil : il ne pourra pas se transformer en trou noir, car il n’est pas assez massif. Mais la naine blanche SDSS J1240+6710 est inhabituelle par sa composition atmosphérique. L’astre contient « principalement de l’oxygène, avec de petites quantités de néon et de magnésium, et des traces de silicium », décrivent les auteurs. La plupart des naines blanches ont leur atmosphère constituée principalement d’hydrogène ou d’hélium, avec éventuellement des traces de carbone ou d’oxygène (venant du noyau de l’étoile).

C’est pourquoi les chercheurs soupçonnent que cet astre était probablement une étoile binaire qui a survécu à son explosion en supernova (dernière étape de l’évolution d’une étoile massive). L’événement aurait propulsé SDSS J1240+6710 et son étoile compagnon à travers notre galaxie, dans des directions différentes.

Un troisième type de supernovae ?

À l’heure actuelle, on connait deux classes de supernovae :

  • Les supernovae de type I : ce sont les plus brillantes et on estime qu’elles résultent de l’évolution d’un système binaire, dont l’un des membres est une naine blanche (qui arrache de la matière à sa compagne et explose lorsque sa masse devient trop importante),
  • Et les supernovae de type II : elles concernent des étoiles dont la masse représente au moins 10 fois celle du Soleil. Elles explosent après avoir épuisé leur combustible nucléaire.

L’identification de SDSS J1240+6710 pourrait changer les choses, car la composition de son atmosphère, notamment l’absence de fer, distingue cet objets des deux classes de supernovae déjà connues. D’où l’idée de « supernova partielle » : l’étoile possède les caractéristiques d’une naine blanche, mais sa vitesse et sa masse ne correspondent pas à ce que l’on pourrait attendre.

SDSS J1240+6710 pourrait n’être qu’un exemple de tout un ensemble de naines blanches ayant survécu à des supernovae : de tels astres survivants pourraient se promener dans la Voie lactée. Les étudier serait alors très utile pour mieux cerner les supernovae observées dans d’autres galaxies.

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