Solar Orbiter a enfin pris ses premières images du Soleil. La Nasa et l'ESA ont présenté les photos obtenues par la sonde, lancée en février 2020 pour explorer notre étoile. Les clichés révèlent de petites éruptions solaires qualifiées de « feux de camp ».

Ce sont les toutes premières images de la sonde Solar Orbiter. Présentées le 16 juillet 2020 à 14h par l’ESA et la Nasa, ces photos sont des vues rapprochés de la surface du Soleil. Jamais l’astre n’avait été immortalisé de si près, indique l’Agence spatiale européenne. Les images, qui ont été obtenues le 30 mai, permettent de voir de petites éruptions solaires, surnommées « feux de camp » par l’ESA dans son communiqué.

La sonde a été lancée dans l’espace le 10 février dernier, avec l’objectif d’étudier en détails le Soleil. Solar Orbiter doit permettre d’approfondir notre connaissance de l’étoile. Pour ce faire, le satellite est placé en orbite autour du Soleil, et s’en approche régulièrement. Son premier passage rapproché de la surface du Soleil, à une distance de 77 millions de kilomètres (ce qui représente environ la moitié de la distance entre la Terre et le Soleil), s’est produit le 15 juin.

Premières photos du Soleil par Solar Orbiter, le 30 mai 2020, montrant les éruptions solaires miniatures. // Source : Solar Orbiter/EUI Team/ESA & NASA ; CSL, IAS, MPS, PMOD/WRC, ROB, UCL/MSSL (photo recadrée)

Les « feux de camp » qui apparaissent sur ces images ont été immortalisés par EUI, un imageur ultraviolet extrême : cet instrument installé à bord de la sonde est capable de produire des images dans l’ultraviolet extrême des couches de l’atmosphère du Soleil, au-dessus de la photosphère (la couche de gaz qui se trouve à la surface visible de l’astre).

Quelle est la taille de ces « feux de camp » ?

Ces éruptions peuvent faire penser aux éruptions solaires observables depuis la Terre, mais elles sont des millions, voire des milliards, de fois plus petites encore. Pour l’heure, les scientifiques ignorent quels sont les processus à l’origine de ces éruptions. Pour donner une idée de leur taille, l’ESA explique dans un tweet avoir intégré un cercle qui fait la taille de la Terre à l’une des images.

Il n’est pas impossible que ces éruptions aient des liens avec une caractéristique encore mal comprise du Soleil : l’étonnante chaleur de la couronne solaire (la couche la plus externe de l’atmosphère du Soleil). « Le fait que la couronne du Soleil soit si chaude est un mystère », a rappelé Daniel Müller, physicien solaire et scientifique du projet Solar Orbiter, lors de la présentation des images.

Ces premières images ne sont qu’un avant-goût des prouesses que devrait réaliser Solar Orbiter. Actuellement, le satellite est dans une phase de croisière : il est en train d’ajuster peu à peu son orbite autour du Soleil. La phase scientifique de la mission, à proprement parler, doit commencer à la fin de l’année 2021. À partir de là, les scientifiques pourront tirer des conclusions des observations de la sonde.

Ce n’est qu’ensuite que Solar Orbiter se rapprochera davantage encore du Soleil, à une distance de 42 millions de kilomètres au plus près (soit plus près de l’étoile que la planète Mercure). Un des objectifs est d’incliner la sonde pour pouvoir observer les pôles du Soleil.

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