Les origines du visiteur interstellaire Oumuamua sont toujours mystérieuses, des années après son passage dans le système solaire. Des scientifiques pensent que l'objet serait un « iceberg » constitué d'hydrogène moléculaire glacé.

Oumuamua, le premier visiteur interstellaire connu de l’humanité, serait finalement une sorte d’ « iceberg » évoluant dans l’espace, constitué d’hydrogène moléculaire sous forme glacée. C’est en tout cas la théorie que soutiennent des scientifiques dans une étude déposée sur la plateforme arXiv (à paraître dans la revue The Astrophysical Journal), présentée le 2 juin 2020 par l’université de Chicago.

« Nous montrons que toutes les propriétés observées d’Oumuamua peuvent être expliquées s’il contient une part significative de glace d’hydrogène moléculaire », écrivent les auteurs de ce texte. Oumuamua a été découvert le 19 octobre 2017 à l’aide du télescope Pan-STARRS (Hawaï). Qualifié de comète, puis d’astéroïde, et à nouveau de comète, l’objet originaire de l’extérieur du système solaire s’est avéré difficile à classer. L’hypothèse qu’il s’agisse d’une sonde extraterrestre a même été envisagée, sans preuve suffisamment convaincante à l’appui.

Une animation montrant le mouvement d’Oumuamua. // Source : Capture d’écran YouTube ESO

L’étrange accélération d’Oumuamua

Lorsqu’Oumuamua a été repéré, il était déjà en train de s’éloigner du système solaire. Il était cependant possible de constater que l’objet semblait accélérer d’une manière comparable à celle des comètes. Dans notre système, les comètes qui accélèrent ainsi sont dotées d’une majestueuse queue de poussières et de glaces, éjectées par ces objets. Étrangement, aucune traînée comparable n’a été observée dans le sillage d’Oumuamua. « L’accélération d’Oumuamua représente un véritable mystère », résument les scientifiques.

Les auteurs de la nouvelle étude avaient déjà cherché à comprendre ce phénomène dans une étude publiée l’année dernière. Selon eux, l’écoulement d’Oumuamua pourrait tout simplement ne pas être visible par nos télescopes. Les caractéristiques d’Oumuamua seraient expliquées si l’objet est composé d’hydrogène moléculaire sous forme glacée, que les instruments ne pourraient voir. Ceci expliquerait même sa forme aplatie et allongée, car l’hydrogène situé à la surface serait peu à peu éliminé (un peu comme un savon qui deviendrait de plus en plus fin et plat, à force d’être utilisé).

D’autres objets semblables à découvrir ?

S’il s’agit bien de la composition d’Oumuamua, les chercheurs pensent que cela pourrait permettre d’en savoir plus sur l’origine de l’objet. L’hydrogène moléculaire peut être créé dans des nuages moléculaires géants, de véritable nurseries où naissent les étoiles et leurs planètes.

« Si l’accélération anormale d’Oumuamua provient de la sublimation de la glace d’hydrogène moléculaire, il est probable qu’une grande population d’objets similaires existe », concluent les auteurs. Avec l’observatoire Vera-C.-Rubin, un télescope optique en cours de construction au Chili, il pourrait devenir envisageable de détecter davantage d’ « icebergs » possédant les caractéristiques que les chercheurs attribuent à Oumuamua.

Article publié initialement le 8 juin 2020

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