La sonde Solar Orbiter de l'ESA est partie explorer le Soleil. Heureux hasard : sa trajectoire pourrait croiser la queue poussiéreuse de la comète C/2019 Y4 (ATLAS). Ses instruments seraient en mesure d'étudier l'objet, qui s'est fragmenté.

Elle a pour mission d’explorer le Soleil, mais elle pourrait étudier une comète en chemin. La sonde Solar Orbiter pourrait passer à travers la queue poussiéreuse de la comète C/2019 Y4 (ATLAS) d’ici quelques semaines. Des scientifiques l’ont mentionné le 5 mai 2020 au sein de la revue RNAAS, dans un article repéré par NewScientist.

La sonde pourrait croiser la queue de la comète vers le 31 mai ou le 1er juin, d’après les estimations des auteurs. « Si les instruments de Solar Orbiter détectent des matériaux provenant de la comète Atlas, il s’agira du premier croisement fortuit de la queue d’une comète par un vaisseau spatial actif transportant des instruments appropriés pour la détection de matériaux cométaires », résument les scientifiques. Dans ce scénario, Solar Orbiter aura fini de croiser la queue de la comète Atlas le 6 juin.

Solar Orbiter survolant la Terre, vue d’artiste. // Source : ESA/ATG medialab (photo recadrée)

Une comète fragmentée, mais toujours active

Le satellite Solar Orbiter a été lancé dans l’espace le 10 février dernier, afin d’étudier divers processus liés au Soleil (comme le vent solaire ou les perturbations provoquées par le champ magnétique de l’étoile). De son côté, la comète Atlas a été découverte à la fin du mois de décembre. Elle paraissait de plus en plus prometteuse : on pouvait espérer, au fil des mois, que l’objet devienne suffisamment brillant pour être visible à l’œil nu. Néanmoins, elle s’est fragmentée en plusieurs morceaux, comme l’ont confirmé des images obtenues à l’aide du télescope Hubble. Ceci n’empêche pas la comète de rester digne d’intérêt, car « l’objet fragmenté est toujours actif », indiquent les scientifiques.

La comète Atlas pourrait encore survivre au moment d’atteindre le périhélie (c’est-à-dire d’approcher au point de sa trajectoire situé au plus près du Soleil), même si elle devrait produire bien moins de poussière que ce qui était anticipé. Le fait que Solar Orbiter passe dans son sillage, à travers les poussières éjectées par l’objet, est un heureux hasard. Les chercheurs ont bon espoir que la sonde parvienne à détecter certains éléments, comme « les caractéristiques du vent solaire et les collisions de grains de poussière ».

Et la comète Swan ?

Solar Orbiter fera aussi un passage sur la trajectoire orbitale d’une autre comète, C/2020 F8 (SWAN), mais les scientifiques pensent qu’il y a peu de chances de réussir à détecter des matériaux liés à cette comète. La comète Swan, qui vient de devenir visible à l’œil nu fin avril, pourrait bientôt être observable depuis nos latitudes, même s’il ne faut pas s’attendre à des miracles.

Crédit photo de la une : Flickr/CC/Dominique Dierick (photo recadrée)

Partager sur les réseaux sociaux