Des météores rapides pourraient atteindre l'atmosphère de la Terre. Leur existence serait liée au phénomène des supernovæ, qui émettent des poussières. Deux astronomes se demandent comment ces possibles météores pourraient être détectés.

L’atmosphère terrestre pourrait être heurtée par des météores très rapides, dont la présence serait liée au phénomène des supernovæ. Ces potentiels météores pourraient faire entre 1 millimètre et 10 centimètres. Deux astronomes de l’université Harvard expliquent comment on pourrait détecter ces étoiles filantes dans une étude publiée le 4 février 2020 sur la plateforme arXiv.org et repérée par Universe Today.

Les éléments éjectés par une supernova (une étoile massive arrivée en fin de vie) pourraient-ils être accélérés et voyager jusqu’à l’atmosphère de notre planète ? « On ignore actuellement si des particules solides plus grosses que la poussière venant des éjectas de supernovæ pleuvent sur Terre à grande vitesse », rappellent les scientifiques. Pour résoudre ce mystère, ils cherchent comment ces météores d’une taille de plus d’un millimètre pourraient être détectés, s’ils existent bien.

Représentation d’une supernova. // Source : Pikrepo/CC0 (photo recadrée)

« L’étude des météores est une science bien établie », soulignent les scientifiques. Le météore (ou l’étoile filante) désigne un phénomène lumineux produit par la chute, dans l’atmosphère de la Terre, d’un corps solide provenant de l’espace (qu’on appelle météoroïde). Néanmoins, les auteurs estiment que ces études mettent de côté un cas possible : celui de météores, issus de supernovæ, qui se déplaceraient très rapidement. Pourtant, si ces objets existent, ils pourraient posséder des « signatures » particulières permettant de les repérer.

Un météore issu d’une supernova repérable par mois ?

Plusieurs scientifiques ont envisagé l’existence de tels météores, comme l’astrophysicien Lyman Spitzer en 1949. « Des preuves empiriques indiquent qu’au moins une supernova a fait pleuvoir des éléments lourds sur la Terre dans le passé », résume l’astronome Amir Siraj de l’université Harvard, co-auteur de l’étude, auprès de nos confrères d’Universe Today. Les poussières émises par les supernovæ voyagent à des vitesses élevées. Ces éjectas semblent contenir des petites « boules » dont la masse n’est pas connue : si elles contenaient 0,01 % de la matière éjectée par la supernova, les scientifiques estiment (en tenant compte de la quantité de supernovæ estimée dans notre galaxie) qu’un météore devrait atteindre l’atmosphère terrestre à une vitesse élevée tous les mois.

La vitesse des météores classiques est estimée à environ 0,01 % de la vitesse de la lumière par les auteurs, soit 30 kilomètres par seconde. Les météores qui seraient expliqués par des supernovæ pourraient voyager à une vitesse représentant 1 % de celle de la lumière, soit 3 000 kilomètres par seconde. Or, un tel objet pourrait générer une « onde de choc » probablement détectable, ainsi qu’un petit flash lumineux, selon les scientifiques. Ils préconisent d’installer un réseau de 600 détecteurs sur la planète, qui pourrait repérer certains de ces météores chaque année. Il serait aussi possible d’utiliser des infrastructures existantes comme celles du Centre d’études des objets géocroiseurs de la Nasa.

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