L'astronaute américaine Christina Koch cumule les moments historiques dans sa carrière. Elle vient de modifier une page Wikipédia depuis l'ISS et c'est une première.

C’était un clic relativement important dans l’histoire de la conquête spatiale, pourtant il est presque passé inaperçu. Pour la première fois de l’histoire, une page Wikipédia a été modifiée depuis l’espace. Un employé de la Nasa, Daren Welsh, contrôleur de vol des sorties extravéhiculaires, a révélé l’information sur Twitter, le 17 novembre 2019. À l’origine de cette modification : Christina Koch, astronaute américaine, actuellement sur la Station spatiale internationale.

On peut voir la trace de la modification dans l’historique de Wikipédia. Sur cette page, on a la date, l’heure, les changements ainsi que l’auteur ou autrice de ces changements. Sur ce cas, c’est « Astro Christina » qui est mentionnée comme étant à l’origine de la modification. Lorsqu’on clique sur son nom, la page qui s’ouvre est composée d’un petit cadre noir, dans lequel il est inscrit : «  Cette utilisatrice est une astronaute américaine ». Sur son compte Twitter officiel, la fondation Wikipédia s’en est félicitée avec un tweet humoristique : « Aucune gravité n’est nécessaire pour modifier Wikipédia. Tu peux aller te rhabiller, Isaac Newton. » Mais quel changement Christina Koch a-t-elle bien pu faire ?

Christina Hammock-Koch astronaute
Christina Hammock-Koch. // Source : NASA/Victor Zelentsov

La première sortie extravéhiculaire avec deux femmes astronautes

Ce petit moment historique est en fait relié à un événement bien plus historique encore. Christina Koch a participé, avec Jessica Weir, à la première sortie extravéhiculaire sur l’ISS impliquant deux femmes astronautes. Cette mission, très suivie du fait de son importance, a eu lieu le 18 octobre 2019. Elle devait initialement se tenir au printemps, mais avait été repoussée à cause d’un manque de combinaisons adaptées. Le but de cette sortie spatiale était d’installer de nouvelles batteries, afin de mettre à niveau le système d’alimentation de l’ISS.

La modification effectuée par Christina Koch intervient sur cette fameuse mission historique, et plus précisément sur la page Wikipédia listant les sorties extravéhiculaires depuis 2015, avec de brèves descriptions techniques. L’astronaute apporte quelques précisions techniques qui avaient été mal décrites lors d’une précédente édition de cette page. Par exemple, au lieu d’évoquer qu’un canal de batterie s’est retrouvé hors ligne, elle précise qu’il a été seulement « partiellement » déconnecté. Quand la précédente version indiquait que les deux astronautes ont serré des boulons sur un morceau de la poutre de l’ISS, Christina Koch corrige en indiquant qu’elles ont acheminé des câbles vers le laboratoire spatial Destiny.

Certains internautes ont relevé que cette modification n’était pas compatible en soi avec le règlement de Wikipédia. Non seulement l’encyclopédie déconseille vivement de modifier des pages qui nous concernent directement, mais Christina Koch n’a en plus ajouté aucune source en dehors de sa propre expertise : or, pour Wikipédia, c’est ce qui est assimilé habituellement à des « sources primaires ». Ces dernières ne sont pas considérées par l’encyclopédie comme 100 % fiables, elle demande donc plutôt de s’appuyer sur des sources secondaires — c’est-à-dire des travaux indépendants et vérifiés sur l’événement décrit. Malgré tout, la situation étant historique, Wikipédia ne s’est logiquement pas opposé à cette modification.

Christina Koch est une astronaute américaine particulièrement expérimentée. Cette mission historique — dont elle est tout de même bien placée pour documenter les détails techniques — est sa quatrième sortie extravéhiculaire sur l’ISS. D’ailleurs, elle s’apprête à battre le record du temps passé par une femme astronaute dans l’espace : l’extension de son expédition repousse son retour sur Terre en février 2020. Elle restera donc dans l’ISS pendant 328 jours. Christina Koch a décidément un beau palmarès de moments historiques à son actif.

Crédit photo de la une : NASA Johnson

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