Des vents éjectés à une très grande distance par une galaxie ont été détectés directement. La galaxie, surnommée Makani, est le résultat d'une fusion. La naissance de nouvelles étoiles semble être à l'origine de l'émission de ces vents puissants.

Des astronomes ont réussi à détecter pour la première fois des vents imposants émis à une très grande distance par une galaxie. Ils ont présenté cette détection dans la revue Nature Astronomy, le 30 octobre 2019. Une prépublication du texte est accessible en entier.

Leurs travaux s’intéressent à la galaxie J211824.06+001729.4, surnommée Makani dans le texte car ce mot signifie « vent » en hawaïen. Makani est « un exemple d’une fusion de deux galaxies hébergeant un vent galactique » émis à cause de la formation d’étoiles, écrivent les auteurs. Dans cette galaxie à la fois compacte et massive, « la formation d’étoiles avec une densité extrêmement élevée (…) est capable de propulser des vents rapides » — indépendamment du fait que Makani semble être une galaxie abritant un noyau actif. Ces vents sont du gaz éjecté par la galaxie.

Les vents émis par la galaxie Makani. // Source : Capture d’écran arXiv

Un « vent bipolaire » émerge de Makani

L’observation des vents émis par la galaxie a permis aux scientifiques de discerner une nébuleuse curieusement symétrique, qui s’étend très loin du cœur de la galaxie, dans un rayon de 50 kiloparsec au nord et sud (soit plus de 163 000 années-lumière). « La forme de sablier de la nébuleuse suggère fortement qu’un vent bipolaire émerge de la galaxie hôte », écrivent les chercheurs.

Selon les scientifiques, la taille de ce vent est si imposante qu’il peut être qualifié de « l’un des plus grands flux avec un angle large, à l’échelle d’une galaxie, jamais observé ». Ils s’attardent sur sa forme, qui est semblable à d’autres vents galactiques déjà observés. Mais le vent émis par Makani reste atypique, car il est émis « à une échelle beaucoup plus grande » que ceux déjà étudiés.

Le résultat d’une fusion de galaxies

Comme le souligne ScienceAlert, le vent puissant éjecté par la galaxie pourrait permettre de mieux comprendre ce qu’il se passe lors des collisions de galaxies. Makani semble être le résultat d’une collision entre deux galaxies, qui ont fusionné pour en former une bien plus massive. Les scientifiques ont réussi à capturer un moment bref difficile à observer, celui où les étoiles sont en train d’être réarrangées et de naître.

L’observation des vents de la galaxie Makani a été réalisée à l’aide du télescope Keck II de l’Observatoire W. M. Keck, installé sur l’île d’Hawaï. L’instrument KCWI (pour « Keck Cosmic Web Imager »), un spectrographe installé sur le télescope, a été utilisé pour observer la galaxie pendant 40 minutes, en novembre 2018.

C’est ainsi que les scientifiques ont pu déduire que les énormes vents éjectés par Makani sont certainement liés à une hausse du nombre de naissance d’étoiles, favorisée par la fusion entre les deux galaxies.« Ces nouvelles étoiles, dans le cas de Makani, ont probablement provoqué les énormes flux, soit par des vents stellaires ou à la fin de leur vie lorsqu’elles ont explosé en supernovae », explique la physicienne Alison Coil, professeure à l’université de Californie à San Diego, co-autrice de l’étude, dans un communiqué.

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