Sous le cratère Aitken, un bassin de la face cachée de la Lune, il y a sans doute les restes d’un astéroïde qui a heurté l’astre. Des scientifiques ont découvert une masse étonnante à cet endroit et proposent cette théorie.

Sous sa surface, la Lune abriterait les restes d’un astéroïde qui l’a heurté. Des scientifiques sont parvenus à cette conclusion dans la revue Geophysical Research Letters le 5 avril 2019. L’un des auteurs, Peter James, spécialiste des sciences planétaires à l’université Baylor, a résumé cette recherche dans un thread sur Twitter le 3 juin.

D’après les scientifiques, les traces de cet astéroïde se trouveraient sous Aitken, un cratère d’impact situé sur la phase cachée de la Lune. Ce bassin « est le plus grand préservé sur la Lune et probablement la structure d’impact la plus reconnue dans le système solaire », rappellent les chercheurs. Sous ce bassin, ils affirment que le manteau lunaire possède une masse excessive. Elle est attribuée aux restes d’un corps impacteur, certainement un astéroïde.

Une anomalie, deux hypothèses

Expliquer l’origine de la croute qui se trouve sous ce bassin est un véritable challenge, car elle est bien plus épaisse que prévue. La masse excessive qu’ils ont identifiée sous le bassin Aitken semble s’étendre jusqu’à 300 km de profondeur. Pour les chercheurs, cette « anomalie de masse » dans une croûte « relativement uniforme à l’exception des cratères » ne peut s’expliquer que par deux hypothèses.

Le premier scénario suppose que la matière présente sous le bassin vient d’un corps qui a frappé la Lune. Le métal se trouvant dans le noyau de cet impacteur serait resté « suspendu dans le manteau lunaire », écrivent les scientifiques. L’autre possibilité est qu’il s’agisse de restes du « dernier stade de cristallisation de l’océan de magma ». Une théorie soupçonne que notre satellite a été partiellement formé avec un océan de magma terrestre, après un impact géant entre la Terre et un autre astre.

Le cratère d'impact Aitken photographié lors de la mission Apollo 17. // Source : Wikimedia/CC/Lunar & Planetary Institute (photo recadrée)

Le cratère d'impact Aitken photographié lors de la mission Apollo 17.

Source : Wikimedia/CC/Lunar & Planetary Institute (photo recadrée)

Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs ont utilisé des bases de données sur les reliefs de la Lune, comme Lunar Orbiter Laser Altimeter (LOLA) ou Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO). Les données de la mission Gravity Recovery and Interior Laboratory (GRAIL), portant sur le champ de gravité de la Lune, ont aussi été précieuses.

La théorie de l’impacteur retenue

« Nous avons fait le calcul pour montrer qu’un noyau d’impacteur suffisamment dispersé pouvait rester suspendu sous le manteau de la Lune jusqu’à nos jours », explique Peter James. L’étude ne présente pas par quel mécanisme le deuxième scénario a pu se produire. L’explication reste donc « spéculative », admet le scientifique.

L’étude du cratère Aitken a aidé les scientifiques a faire une autre découverte : il est probablement plus grand que ce que l’on pensait jusqu’ici, de 16 kilomètres environ. Connaître sa taille exacte et la matière qui se cache sous sa surface est essentiel pour préparer les futures missions que la Nasa veut envoyer dans cette zone.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez les suivants : ne les manquez pas en vous abonnant à Numerama sur Google News.