L'observation des fourmis se révèle intéressante pour comprendre le mécanisme des embouteillages. Lorsque ces insectes sont face à ce problème, ils le contournent... grâce à l'inactivité de certains membres du groupe.

Elon Musk devrait peut-être s’inspirer des fourmis avant de concrétiser son projet de tunnels anti-bouchons. La manière dont ces insectes eusociaux réagissent lorsqu’ils se trouvent agglutinés les uns derrière les autres pourrait en effet nous être utile pour mieux gérer les embouteillages.

Dans une vidéo publiée le 21 août, le New York Times explique, par la voix de son rédacteur James Gorman, que ces insectes — connus pour leur capacité à communiquer et s’organiser pour résoudre des problèmes — ont trouvé une solution pour ne pas rester bloqués dans un bouchon. Selon lui, la solution tient en un mot : l’inactivité.

« 30 % des fourmis font 70 % du travail »

« Des expériences avec des fourmis rouges ont montré que la clé pour éviter les embouteillages et résoudre ceux qui se produisaient est l’inactivité. 30 % des fourmis font 70 % du travail », fait-il observer. Autrement dit, c’est parce que certaines fourmis ne font rien que les embouteillages trouvent toujours une issue.

Les fourmis inactives jouent un rôle crucial pour éviter les embouteillages. // Source : Pxhere/CC0

Pour comprendre pourquoi l’inactivité de certaines fourmis est salvatrice pour le groupe entier en cas de bouchon, une étude publiée en août 2018 dans la revue Science est éclairante. On y apprend en effet qu’un nombre réduit de « travailleurs » peut paradoxalement permettre de réaliser une tâche de manière plus efficace.

Les fourmis sont plus efficaces quand le travail est inégalement réparti

Les chercheurs, rattachés au Georgia Institute of Technology, ont observé des groupes de 30 fourmis rouges, toutes identifiées par un code couleur. En les laissant creuser des tunnels dans des pots en verre transparent, ils ont noté que la majeure partie des fourmis ne cherchait pas à intervenir. Si les chercheurs enlevaient certaines des fourmis actives, les autres pouvaient alors se mettre elles aussi à travailler.

Si des fourmis actives sont retirées de l’expérience, les autres prennent leur relève. // Source : Pexels/Poranimm Athithawatthee

« À cause de la répartition inégale de la tâche de travail, le taux optimal d’excavation [ndlr : le fait de creuser] est atteint lorsqu’une partie du groupe de fourmis est inactive », notent les chercheurs. Si toutes les fourmis tentaient de bouger, aucune d’entre elles n’arriverait à se sortir de la masse. Pour en finir avec les embouteillages, « surtout dans des environnements confinés », l’inactivité voire le retrait de certains membres du groupe est préférable.

Crédit photo de la une : Wikimedia/Domaine public

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