La NASA renonce à 2020 pour envoyer son télescope spatial James-Webb. Désormais, l'agence américaine vise le 30 mars 2021.

Le calendrier était donc intenable. Mercredi 27 juin, la NASA a officialisé le report du lancement de son nouveau télescope spatial, baptisé James-Webb, qui doit succéder à Hubble, dont la fin de carrière surviendra après 2020. Désormais, l’agence spatiale américaine vise la date du 30 mars 2021, à supposer qu’il n’y ait pas encore un autre ajournement, le projet ayant tendance à les accumuler.

Le projet a en effet connu en l’espace de quelques jours une remise en cause quasi-permanente de son planning : au départ, il était question de mettre sur orbite James-Webb au mois d’octobre 2018. Intenable. La NASA a donc décidé en septembre 2017 de fixer un autre rendez-vous, au printemps 2019. Puis, en mars 2018, nouvelle déception : la NASA a décalé la mission au mois de mai 2020.

« Nous sommes tous déçus que l’aboutissement de James-Webb et son lancement prenne plus de temps que prévu, mais nous créons quelque chose de nouveau ici. Nous avons affaire à une technologie de pointe pour accomplir une mission sans précédent, et je sais que nos équipes travaillent dur et surmonteront les défis avec succès », a commenté dans un clip vidéo Jim Bridenstine, l’administrateur de la NASA.

« Dans l’espace, nous devons toujours considérer le long terme, et parfois les complexités de nos missions font qu’elles ne vont pas aussi vite que nous le souhaitons. Mais nous apprenons, nous allons de l’avant, et finalement nous nous en sortons », a-t-il ajouté. La NASA précise qu’un rapport d’un comité d’évaluation indépendant a mis en lumière des problèmes techniques et erreurs humaines.

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CC Nasa

En principe, la construction du télescope spatial est achevée depuis novembre 2016. Il a toutefois fallu lui faire passer des tests de qualification, afin de s’assurer par exemple qu’il est capable d’affronter le froid extrême de l’espace. Un test de résistance cryogénique sous vide a donc eu lieu fin 2017, tandis que la bonne qualité optique du télescope et l’alignement du miroir ont également été constatés.

À ces vérifications techniques se sont donc ajoutées les difficultés inattendues ayant entraîné ces multiples reports, qu’il a bien fallu résoudre — et qu’il faut donc encore traiter aujourd’hui. Et cela, même si le projet fait face à un dérapage significatif des coûts, avec un budget total ayant dépassé la barre des 8 milliards de dollars. Mais à ce prix-là, la NASA ne peut pas se permettre d’être dans l’incertitude.

Il faut dire que James-Webb sera si loin dans l’espace qu’il sera impossible de dépêcher un équipage pour effectuer des réparations, comme cela se fait avec Hubble. Celui-ci n’est en effet qu’à 590 kilomètres de distance, ce qui a permis de faire des interventions physiques sur le télescope spatial. Avec James-Webb, c’est hors de propos, l’engin va en effet être situé à… 1,5 million de kilomètres de la Terre.

C’est un lanceur Ariane 5 qui devra acheminer James-Webb dans l’espace.

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