La Nasa a décidé de repousser le lancement du télescope spatial James-Webb afin de s'assurer que tout l'exécution du programme, de la conception à la mise en orbite, se déroule parfaitement. Une prudence qui s'explique par la démesure du projet, dont le budget flirte avec les huit milliards de dollars.

Quand on pilote un programme spatial à plus de huit milliards de dollars, il est hors de question de laisser la moindre place à l’à-peu-près. Voilà pourquoi l’agence spatiale américaine a pris la décision difficile, mais raisonnable, mardi 27 mars, de retarder encore un peu la mise en orbite de son tout nouveau télescope spatial, James-Webb, qui doit succéder à Hubble, dont la fin de carrière arrivera après 2020.

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CC Nasa

C’est la deuxième fois que la Nasa donne un coup de frein sur ce projet. Initialement, il était question de positionner James-Webb en orbite courant octobre 2018 mais un premier report de calendrier a été annoncé l’automne dernier. La nouvelle date n’était pas arrêtée de façon définitive, il était simplement question d’un décollage pendant le printemps 2019.

« Le changement de l’échéance du lancement n’est pas lié à un problème de matériel ou de performances techniques, précisait alors la Nasa. Mais « l’intégration des différents éléments de l’engin spatial prend plus de temps que prévu ». Ce report a été pris en concertation avec l’Agence spatiale européenne, puisque c’est un lanceur Ariane 5 qui sera utilisé pour transporter le télescope.

Désormais, le début de carrière du James-Webb est prévu aux alentours de mai 2020. Ce bijou de technologie «  est actuellement en phase finale d’intégration et d’essais qui nécessitent plus de temps pour assurer le succès de la mission », avance l’agence spatiale américaine pour justifier ce report. Gare au dérapage financier, donc, même si l’envolée des coûts est déjà survenue depuis longtemps.

La Nasa promis de fournir « une estimation des coûts » pour tenir compte des « mesures nécessaires » supplémentaires qui ont été décidées après que des « problèmes [ont été] mis en lumière avec l’élément engin spatial ». Selon l’agence, la facture « pourrait dépasser le coût de développement prévu de 8 milliards de dollars pour terminer la phase finale des essais et préparer le lancement ».

CC NASA/Chris Gunn

Tout doit être parfait

L’extrême prudence de la Nasa avec ce télescope spatial s’explique notamment par le fait que l’engin sera situé extrêmement loin de la Terre, ce qui empêchera de dépêcher une équipe d’astronautes pour y effectuer une banale maintenance ou pour remplacer un composant critique. Tout ce qu’il sera possible de faire, c’est des mises à jour logicielles et des corrections de position transmises à distance

James-Webb se trouvera en effet à 1,5 million de kilomètres de la Terre, alors que Hubble était vraiment tout à côté, à une altitude d’à peine 590 kilomètres — ce qui permettait de faire des interventions physiques puisque ce sont des distances dans lesquelles l’homme a déjà évolué : la station spatiale internationale se trouve ainsi à environ 400 kilomètres d’altitude.

Réparer James-Webb dans l’espace avec un équipage humain relèverait donc de l’exploit. À titre de comparaison, la Lune est distante de 384 400 kilomètres de la Terre. Et il s’avère que c’est l’endroit le plus éloigné atteint par les astronautes.

À lire sur Numerama : Le télescope spatial James-Webb est prêt à affronter le froid extrême de l’espace

Crédit photo de la une : Nasa

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