Le 27 août 2026, Ariane 6 vise pour la première fois l’orbite de transfert géostationnaire. Neuf vols au compteur, et pourtant une destination inédite : celle qui a fait toute la carrière commerciale d’Ariane 5.

2026, année des premières pour la fusée européenne Ariane 6 ? Il est vrai que c’était la première fois que le lanceur décollait dans sa version la plus musclée, avec quatre propulseurs latéraux au lieu de deux. Et c’est aussi en 2026 qu’elle a inauguré ses boosters de nouvelle génération, les P160C, qui apportent une poussée en hausse de 10 %.

Et le fait est que c’est aussi cette année que la fusée va viser une orbite qu’elle n’avait encore jamais atteinte : l’orbite de transfert géostationnaire. Il s’agit d’une trajectoire qui sert aux satellites à s’éloigner à 36 000 km de la Terre, au-dessus de l’équateur, dans une position qui nous paraît immobile depuis le plancher des vaches.

Une grande nouveauté pour Ariane 6

En effet, la mission VA270 sera une grande nouveauté pour Arianespace. Jamais l’entreprise n’avait visé cette orbite de transfert géostationnaire en huit vols avec Ariane 6. Ce neuvième tir, programmé pour le 27 août 2026, change donc la donne, en démontrant un peu plus l’étendue des facultés de ce lanceur, qui a maintenant deux ans d’existence.

Pour ce décollage, c’est la configuration « légère », dite Ariane 62, avec deux boosters à poudre P120C, qui a été retenue. La version plus puissante, avec quatre propulseurs, la plus musclée, n’a pour l’instant été utilisée que pour les plus gros chargements, à savoir l’envoi de grappes de satellites au profit de la constellation Amazon (Leo).

Direction l'orbite ! // Source : CNES/ESA/Arianespace-ArianeGroup/Optique Vidéo CSG/P Piron, 2025 (photo recadrée)
Un décollage d’Ariane 6. // Source : CNES/ESA/Arianespace-ArianeGroup/Optique Vidéo CSG/P Piron, 2025

Concernant la fenêtre de tir, celle-ci s’ouvrira à 22h10 (heure de Paris), et durera deux heures. Le vol lui-même sera assez bref : comptez 36 minutes entre le décollage et le largage de la charge utile, MTG-I2, un satellite météo construit par Thales Alenia Space pour EUMETSAT, l’organisation européenne qui exploite les satellites météo du continent.

La tâche de ce passager est simple sur le papier : il s’agit de balayer tout le continent européen par intervalle de deux minutes et demie afin de repérer très tôt les orages qui se forment vite.

Les météorologues ont besoin de ces images pour alerter plus vite en cas d’orages violents ou d’inondations. Cet engin vient compléter la première famille des satellites Météosat Troisième Génération, aux côtés de MTG-I1, mis en orbite fin 2022 par une Ariane 5.

L’orbite qui a fait la carrière d’Ariane 5

Pourquoi cette orbite compte-t-elle autant ? Au-delà de sa pertinence sur un plan très technique (en orbite géostationnaire, le satellite MTG-I2 aura un déplacement orbital équivalant à la rotation de la Terre, ce qui lui permettra de rester bien en face de l’Europe), c’est aussi là qu’Ariane a construit son excellente réputation commerciale.

En vingt-deux ans de service, le lanceur précédent, Ariane 5, a placé plus de 170 satellites en orbite de transfert géostationnaire, pour l’essentiel des satellites de télécommunications, le cœur du marché des lanceurs lourds. Et surtout, Ariane 5 a eu une carrière impeccable, avec presque aucun échec. On ne dénombre que deux échecs complets.

Ariane 5 fusée lanceur
Ariane 5. // Source : Bill Ingalls

De son côté, Ariane 6 a d’abord volé plus bas, avec la constellation Amazon en orbite basse, les satellites Galileo en orbite moyenne (réseau qui offre un excellent complément et une alternative au GPS). En retrouvant cette orbite haute, Arianespace retrouve en somme son terrain de jeu historique, celui où Ariane 6 doit séduire les opérateurs télécoms face à SpaceX.

Un succès validerait Ariane 6 sur le créneau qui lui manque encore, celui des lourds satellites géostationnaires commerciaux. L’enjeu dépasse la météo. Il touche aussi à la capacité de l’Europe à garder un accès autonome à l’espace, alors que l’Agence spatiale européenne réfléchit même à y envoyer des astronautes. Le décollage sera diffusé en direct par l’ESA à partir de 21h42, heure de Paris.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !