Le rapport au sujet du désastre autour de la capsule Starliner est enfin sorti. L’inspection générale de la Nasa revient sur une suite de mauvaises décisions, en grande partie dues à la confiance trop importante accordée au constructeur sur la base de ses réalisations passées.

Il était attendu depuis plus d’un an : le rapport final de l’inspection générale de la Nasa sur l’affaire Starliner est enfin publié, et il n’est pas tendre avec l’agence spatiale, ni avec Boeing.

Tout avait commencé il y a deux ans, lorsque deux astronautes de la Nasa s’étaient rendus jusqu’à la Station spatiale internationale (ISS) à bord d’une capsule Starliner de Boeing, mais n’avaient pas pu revenir suite à des soucis techniques sur leur véhicule. Ils avaient donc dû embarquer dans une Crew Dragon de SpaceX, attendant que la Starliner revienne à vide pour être analysée sur Terre.

En février 2026, la Nasa annonçait que cet incident était classé de type A, c’est-à-dire d’une gravité extrême. Pire : Starliner aurait été mal conçue dès le départ et n’aurait jamais dû voler dans cet état. L’administrateur de la Nasa Jared Isaacman avait même ajouté que ce désastre était la conséquence d’une série de mauvaises décisions, y compris au sein de l’agence spatiale elle-même, obnubilée par l’idée d’avoir une alternative à SpaceX, ce qui aurait conduit à des vérifications hâtives.

Trois causes menant au désastre Starliner

Ce 30 juin 2026, le rapport complet a enfin été publié. 43 pages pour détailler ce qui a conduit à ce partenariat qui s’est révélé si problématique, conduisant à un arrêt à long terme pour le vol habité opéré par Boeing. Dans ce rapport, trois causes sont identifiées.

Tout d’abord, la confiance beaucoup trop importante de la Nasa envers Boeing. En raison de la longue expérience du constructeur dans le domaine spatial, l’agence aurait accéléré la mise en œuvre des différents composants en leur faisant éviter certains tests pourtant majeurs.

Ceci a mené à la deuxième cause : le choix de dates beaucoup trop précoces pour une livraison. La Nasa était persuadée que la Starliner pouvait être prête en un temps record, et ce assez tôt dans le processus de développement. Ainsi, en 2021, l’agence considérait que le lancement aurait lieu dans six mois, alors qu’il n’y a pas eu de vol avant juin 2024. Mais cette urgence aurait affecté la construction de la capsule.

Enfin, la Nasa avait tellement une confiance aveugle en Boeing qu’elle n’a même pas eu accès aux données de son simulateur de vol. Une disposition prévue dans le contrat entre les deux entités, qui a eu pour conséquence que Boeing a pu développer la Starliner dans son coin sans fournir les données d’avancement à la Nasa.

Un avenir très incertain pour Boeing et l’ISS

Tout cela aurait mené à d’importantes difficultés, encore exacerbées après le retour de la capsule par le fait que la Nasa était confrontée à une baisse du nombre d’employés suite à des coupes de budget au cours de l’année 2025. Ainsi, la division dédiée au programme habité commercial aurait perdu 21 % de ses effectifs, ce qui a considérablement ralenti l’examen des problèmes rencontrés.

Et maintenant ? Si en février dernier, Jared Isaacman se disait favorable à poursuivre la collaboration avec Boeing sur Starliner et d’autres projets, il est difficile de savoir quand la capsule volera à nouveau. Il devient même probable qu’elle ne soit plus jamais envoyée sur l’ISS, car la station partira à la retraite avant un nouvel essai.

Starliner
Depuis 2024, le vaisseau est de retour sur Terre où il est analysé sous toutes les coutures. // Source : Nasa/Frank Michaux

En effet, la certification de Boeing ne pourra sans doute pas avoir lieu avant la fin de l’année, ce qui signifie que, dans le meilleur des cas, la capsule sera à nouveau autorisée à transporter des passagers d’ici à 2027. Mais comme le planning des lancements à venir vers l’ISS est actuellement occupé par SpaceX, on ignore s’il restera de la place avant 2030, date encore incertaine à partir de laquelle l’ISS sera détruite.

D’ici là, d’importantes opérations doivent avoir lieu sur la capsule pour s’assurer que tous les problèmes ont été résolus. Avec également la possibilité que la capsule ne soit utilisée qu’en version cargo, sans équipage à bord, avant la fin de l’ISS.

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