Le compte à rebours est maintenant lancé pour Sophie Adenot. L’astronaute française, qui se trouve à bord de la Station spatiale internationale (ISS) depuis le début de l’année, quittera pour la première fois son abri orbital le 18 août prochain. Non pas pour rentrer sur Terre, pas encore, mais afin de procéder à sa toute première sortie extravéhiculaire.
À J-4 de cette toute première balade en scaphandre hors du laboratoire, qui se fera en compagnie de l’Américain Anil Menon, qui a déjà une expérience en la matière, le planning est désormais calé et l’entraînement entre dans sa toute dernière ligne droite. L’agence spatiale américaine (NASA) a d’ailleurs fait un point d’étape, le 13 août, sur son site.
Ainsi, ce « baptême du vide », le tout premier de la carrière de la Française, adviendra à 14h35 (heure de Paris). C’est là que le duo se retrouvera hors de l’ISS, en combinaison, et sur batterie. À ce moment-là, ce sera le top départ d’une mission technique fort longue — leur sortie est planifiée pour durer six heures et demie.
Il ne s’agit évidemment pas d’une balade.
Une chorégraphie millimétrée au-dessus du vide
Le but de ce périple le long de l’ISS est de mener à bien une opération de maintenance. Précisément, il s’agit de remplacer une antenne de communication espace-sol défaillante. Dès qu’ils sortiront du sas Quest, les deux astronautes fileront en direction du segment de poutre Z1, installé tout au sommet du module américain Unity.

Dans un précédent point de situation, la NASA a décrit la chorégraphie qui attend le binôme. Au niveau de la zone de travail, Anil Menon se placera sur l’extrémité du grand bras robotique Canadarm2 de la station. C’est depuis cette tige articulée qu’il sera manipulé et déplacé au-dessus du vide. Sophie Adenot, elle, sera arrimée directement à la structure de l’ISS.
L’un et l’autre devront déloger l’antenne défectueuse, ce qui sera délicat, en raison des connexions électriques et des liaisons de données. La Française a d’ailleurs étudié longuement l’outillage requis pour ce démontage, précise la NASA, avec notamment le concours de l’astronaute américaine Jessica Meir, qui est une vraie pro des sorties (six à son actif).
Dès que l’élément problématique sera dégagé, les deux coéquipiers devront récupérer l’antenne neuve sur une plateforme de stockage fixée à l’extérieur. Elle sera ensuite installée sur la poutre Z1, tandis que l’autre, désormais hors service, sera placée sur la plateforme. Pas question, en effet, de laisser un tel débris se balader sans sécurité autour de l’ISS.
Bien sûr, Sophie Adenot et Anil Menon ne seront pas seuls pendant tout ce périple. Ils profiteront de l’assistance de deux collègues, Jessica Meir et Jack Hathaway, restés à l’intérieur de l’ISS, notamment pour piloter Canadarm2. Et, par ailleurs, ils seront aussi en liaison permanente avec les équipes de la NASA au sol, pour que tout se passe pour le mieux.

Échographies et simulations de crise
Bien sûr, Sophie Adenot et Anil Menon sont en train de boucler leurs préparatifs. Outre les révisions des scaphandres et le remplissage des réservoirs d’eau pour les systèmes de refroidissement, le bilan de la NASA du 11 août rapporte que Sophie Adenot et ses camarades ont passé des échographies des veines jugulaires internes.
Ce protocole, qui peut sembler étonnant par rapport à la mission attribuée aux deux astronautes, est en fait indispensable pour s’assurer de leur bonne santé. Les médecins de la NASA entendent s’assurer que le flux sanguin des astronautes demeure parfaitement fonctionnel, sans risque de caillot lié à la microgravité.
En outre, selon un autre rapport du 12 août, l’équipage a également dû procéder à un exercice grandeur nature en simulant une catastrophe (incendie, fuite toxique, baisse de pression) en lien étroit avec les contrôleurs terrestres. Preuve que rien n’est laissé au hasard, sortie extravéhiculaire ou pas, car un laboratoire orbital reste un environnement périlleux.
À l’issue de la sortie spatiale du 18 août, Sophie Adenot écrira l’histoire de l’exploration spatiale française. Elle deviendra en effet la toute première compatriote à effectuer une sortie dans le vide spatial. Un accomplissement qui fera d’elle la deuxième femme européenne à réussir cet exploit, tout juste quelques années après l’Italienne Samantha Cristoforetti.
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