Des scientifiques ont découvert une exoplanète cachée dans les données du télescope Kepler. L'astre Kepler-1649c se trouve dans la zone habitable de son étoile. Il ferait à peu près la taille de la Terre, mais ce n'est pas une certitude.

Même s’il s’est retiré il y a deux ans, le télescope spatial Kepler permet encore de faire des découvertes. Une exoplanète, qui ferait à peu près la taille de la Terre, vient ainsi d’être identifiée dans la zone habitable de son étoile, a annoncé la Nasa le 15 avril 2020. La découverte est présentée dans The Astrophysical Journal (une prépublication du texte a été déposée sur arXiv).

Les auteurs y rapportent « la découverte d’une planète de la taille de la Terre dans la zone habitable d’une étoile de faible masse appelée Kepler-1649 ». Ce monde lointain se trouve à 300 années-lumière de la Terre. La zone habitable signifie que l’astre pourrait potentiellement avoir de l’eau liquide à sa surface. La Nasa précise que de toutes les exoplanètes trouvées à l’aide du télescope Kepler, Kepler-1649c serait la plus semblable à la Terre à la fois par sa taille et sa température estimées.

La taille de la Terre et de Kepler-1649c comparée. // Source : NASA/Ames Research Center/Daniel Rutter (photo recadrée)

D’après les scientifiques, cet astre ferait 1,06 fois la taille de notre planète. Kepler-1649 recevrait également de son étoile 75 % de la quantité de lumière que reçoit la Terre du Soleil. La Nasa en déduit que la température de l’exoplanète pourrait être semblable à celle de la Terre. « Il semble probable, mais pas garanti, que Kepler-1649c ait une composition rocheuse », écrivent les scientifiques. Autre caractéristique de la planète : une année sur Kepler équivaudrait à 19,5 jours terrestres.

« La planète pourrait n’être pas du tout semblable à la Terre »

Pour autant, les auteurs restent nuancés. « Même si certains des paramètres globaux de Kepler-1649c sont similaires à ceux de la Terre, la planète pourrait n’être pas du tout semblable à la Terre », notent-ils. Il faut rappeler que Kepler-1649c est en orbite autour d’une naine rouge. Or, les scientifiques savent que l’environnement d’une naine rouge peut être très différent de notre système solaire (notre Soleil est une naine jaune). Par ailleurs, beaucoup d’inconnues entourent l’identification de Kepler-1649c : on ne sait rien d’une potentielle atmosphère, par exemple. Quant aux calculs de la taille de l’astre, ils ont des marges d’erreur importantes, rappelle la Nasa. Il faudrait étudier cette exoplanète plus en détail, pour avoir davantage de certitudes, à commencer par sa taille.

L’exoplanète a été découverte dans des données du télescope spatial Kepler. Il a observé le système Kepler-1649 pendant un total de 756 jours, entre 2010 et 2013. Les données avaient déjà été analysées à l’aide d’un algorithme, Robovetter, mais le cas de Kepler-1649c avait échappé à la machine. Ce sont les scientifiques qui, en examinant les données, ont reconnu la signature d’une exoplanète.

Même s’il faut rester prudent, la découverte de cet astre est intéressante : les scientifiques soupçonnent que les exoplanètes de la taille de la Terre et situées en zone habitable pourraient être communes autour des naines rouges. Les naines rouges pourraient être les étoiles les plus abondantes dans l’Univers. Les chances de trouver un jour une planète comparable à la Terre dans l’environnement de l’une de ces étoiles ne doivent donc pas être écartées.

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