Deux astronautes américains sortiront dans l’espace le 22 décembre. La Nasa a décalé d’un jour cette mission à cause d’un débris se trouvant à proximité de la Station spatiale internationale.

Les activités à bord de la Station spatiale internationale (ISS) se poursuivent, malgré la fuite de liquide de refroidissement constatée au niveau du vaisseau Soyouz à la mi-décembre. La preuve : une sortie extravéhiculaire est prévue ce jeudi 22 décembre. Deux Américains, Frank Rubio et Josh Cassada, se préparent pour une mission de sept heures.

Il s’agit de la première mission hors de l’ISS organisée depuis la découverte d’un défaut d’étanchéité sur le vaisseau russe — un trou d’un diamètre de 0,8 mm a été observé, dont l’origine n’est pas claire. Peut-être s’agit-il du résultat d’un impact avec une micrométéorite ou bien avec un minuscule débris, comme il en existe des centaines de milliers en orbite autour de la Terre.

Cette mission avait été annulée une première fois le 21 décembre, à cause de la détection d’un débris spatial non loin de l’ISS. L’équipage n’a pas été en danger, mais la Nasa a préféré reporter la sortie spatiale à une autre date. En parallèle, l’ISS a effectué une manœuvre pour s’éloigner. Plus tard dans la journée, l’agence a décidé de reprogrammer la sortie au 22 décembre.

Des panneaux solaires modernes pour l’ISS

L’objectif de la sortie n’est pas de travailler au niveau du Soyouz, mais de procéder à l’installation de panneaux solaires de nouvelle génération : IROSA (pour « ISS Roll-Out Solar Arrays »). Dépliables, ils seront au nombre de six en tout. La sortie menée par Rubio et Cassada vise à installer le quatrième kit IROSA sur la poutre P4 de l’ISS, qui supporte déjà des panneaux solaires.

Ces six panneaux solaires IROSA ne viennent pas remplacer les anciens panneaux, au nombre de huit, mais les renforcent. En effet, l’ISS compte sur des panneaux qui ont vieilli — les premiers datent des années 2000. Ils ont fonctionné pendant plus de vingt ans, alors que leur durée opérationnelle était évaluée à quinze ans. Les nouveaux panneaux recouvriront en partie les anciens.

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Les panneaux solaires de nouvelles génération arrivent par-dessus les anciens. // Source : Boeing

Selon la Nasa, « la combinaison des huit panneaux d’origine, plus grands, et des nouveaux panneaux, plus petits, mais plus efficaces, permettra de rétablir la production d’énergie de chaque panneau augmenté à environ la quantité générée lorsque les panneaux d’origine ont été installés pour la première fois, offrant une augmentation de 20 à 30 % de l’énergie pour la recherche et les opérations de l’ISS. »

Durant la sortie spatiale, les deux astronautes seront épaulés par le bras Canadarm 2, qui sera piloté depuis l’intérieur de l’ISS. La manœuvre sera suivie de près par Nicole Mann, astronaute de la Nasa, et Koichi Wakata, son homologue auprès de l’agence spatiale japonaise. Sergueï Prokopiev, le cosmonaute russe, est également de la partie, en tant que commandant actuel de l’ISS.

Concernant le Soyouz, l’agence spatiale russe Roscosmos étudie les deux scénarios qui s’offrent à elle : soit le vaisseau spatial ne présente aucun risque pour l’intégrité de ses passagers et il peut être utilisé pour rentrer sur Terre. Soit il existe un risque lors de la rentrée atmosphérique. Dans ce cas, une autre capsule Soyouz, vide, serait envoyée en février ou mars pour faire la navette.

La décision de Roscosmos est attendue le 27 décembre. Les personnes qui doivent rentrer avec Soyouz MS-22 (ou Soyouz MS-22) sont l’Américain Frank Rubio et les Russes Sergueï Prokopiev et Dimitri Peteline. Pour la petite histoire, ces deux-là devaient justement sortir dans l’espace à la mi-décembre, avant que leur mission ne soit annulée à cause de la fuite.


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