Une vidéo de l’ESA montre un mouvement, dans l’atmosphère solaire, faisant penser à une sorte de serpent. Ce sont en fait des virages du champ magnétique du Soleil.

Il est courant de voir, dans les images de l’espace, de surprenantes paréidolies. Notre esprit croit distinguer des formes connues là où il n’en est rien (comme une porte sur Mars). Récemment, c’est une vidéo du Soleil qui donne cette impression : une séquence partagée par l’Agence spatiale européenne (ESA), en novembre 2022, montre un serpent traversant l’astre.

Nous sommes au regret de vous annoncer qu’il ne s’agit pas d’un serpent (ni d’une quelconque autre créature lovecraftienne se cachant dans notre étoile). Mais la réalité donne peut-être encore davantage le vertige. Vous observez un « tube » de plasma refroidi, traversant le champ magnétique du Soleil.

Le champ magnétique est tordu

Comme toute l’atmosphère du Soleil, qui dépasse largement le million de degrés, le tube contient du plasma, un état de la matière extrêmement chaud et presque totalement ionisé — c’est-à-dire que les particules perdent leurs électrons. C’est un gaz électriquement chargé, conducteur et, de fait, sensible aux champs magnétiques.

Or, dans la séquence de cette vidéo, le champ magnétique forme un filament emportant avec lui du plasma. « Le plasma circule d’un point vers l’autre, mais le champ magnétique est lui-même tordu. Donc les virages sont dus au fait que nous observons une structure tordue », détaille David Long, sur le site de l’ESA.

Vous observez ainsi le champ magnétique du Soleil en train de se mouvoir. L’invisible (la ligne magnétique) devient visible (via le mouvement du plasma qui est emporté). Mais un petit détail s’ajoute, qu’il est facile de ne pas remarquer : à la fin du phénomène, on assiste aussi à une éjection de matière. C’est une « éjection de masse coronale », lesquelles sont causées justement par l’entrechoquement des lignes magnétiques du Soleil.

Ce « serpent » a en réalité duré 3 heures

Cette vidéo a été prise par la sonde Solar Orbiter, lorsqu’elle s’est approchée très près de notre étoile. D’ailleurs, la séquence elle-même n’est pas vraiment une vidéo, mais un timelapse des images prises par la sonde. « En réalité, le serpent a mis environ trois heures pour accomplir son voyage », détaille ainsi l’ESA. Compte tenu de la taille du Soleil, cela signifie que le filament de plasma se déplaçait à 170 kilomètres… par seconde.