Les espèces de vertébrés s’éteignent à un rythme dramatique depuis 50 ans. Les causes sont essentiellement humaines, et les solutions doivent être à l’échelle du système tout entier de production et de consommation.

Mammifères, oiseaux, poissons, reptiles, amphibiens : 69 % des vertébrés ont disparu entre 1970 et 2018 (sur un total de 32 000 espèces surveillées dans cette analyse). C’est l’« alerte rouge pour la planète » lancée par le nouveau rapport 2022 Living Planet de la WWF. « Le rythme effarant de ce déclin est un avertissement sérieux : la riche biodiversité qui favorise toute vie sur notre planète est en crise, mettant toutes les espèces en danger, y compris nous », indique l’ONG.

Le phénomène, en soi, est déjà connu. Il porte même un nom : la sixième extinction. Dans l’histoire de la planète, cinq extinctions massives d’espèces ont déjà eu lieu. La spécificité de cette sixième est à trouver dans des causes en majeure partie humaines.

Vous pouvez d’ailleurs découvrir notre podcast Numerama, porté par la vulgarisatrice scientifique Marie Treibert, dédié à la 6e extinction. Le premier épisode est disponible sur toutes les plateformes d’écoute : partez à la découverte du kakapo, un drôle d’oiseau bien difficile à sauver de l’extinction.

Où les disparitions d’espèces ont-elles lieu ?

Toutes les régions du monde sont concernées. La répartition est cependant inégale. Le déclin parmi les vertébrés est de :

  • 20 % en Amérique du Nord
  • 94 % en Amérique latine (là où se situe l’Amazonie)
  • 66 % en Afrique
  • 18 % en Europe et en Asie centrale
  • 55 % en Asie et dans le Pacifique
De nombreuses espèces animales de vertébrés s'éteignent depuis 1970. // Source : WWF
De nombreuses espèces animales de vertébrés s’éteignent depuis 1970. // Source : WWF

Quelles sont les causes de l’extinction des animaux verterbrés ?

Sur le site du rapport Living Planet, 5 causes principales sont identifiées au phénomène d’extinction touchant les vertébrés :

  • Le changement d’utilisation des sols : « Le principal facteur de perte de biodiversité est la façon dont les gens utilisent la terre et la mer. La manière dont nous cultivons les aliments, dont nous récoltons des matériaux tels que le bois ou les minéraux au fond des océans, et dont nous construisons nos villes, a un impact sur l’environnement naturel et la biodiversité qui y vit. »
  • La surexploitation des plantes et des animaux : « La surpêche est pratiquée à une telle échelle que près d’un tiers de tous les stocks mondiaux de poissons surveillés sont aujourd’hui surexploités. Si nous continuons à ce rythme, ce sera un désastre pour les écosystèmes marins ainsi que pour plus de trois milliards de personnes dans le monde qui dépendent du poisson comme principale source de protéines. »
  • Le changement climatique et son impact sur l’environnement : « Certaines espèces disparaissent, tandis que d’autres doivent déplacer leur lieu de vie en raison des changements de température de l’air, des régimes climatiques et du niveau des mers. En plus d’être un facteur direct de perte de biodiversité, le changement climatique aggrave également les autres facteurs. »
  • La pollution, qui atteint tous les écosystèmes, même les plus reculés : « La pollution se présente sous de nombreuses formes — de l’azote et l’ammoniac, causés par l’agriculture intensive, aux microplastiques trouvés dans les parties les plus profondes de l’océan. Les points chauds de la pollution sont les plus importants en Europe, où ils constituent une menace pour les amphibiens, les mammifères et les oiseaux terrestres. »
  • Les déplacements d’espèces : « Les espèces non endémiques envahissantes sont celles qui arrivent dans des endroits où elles ne vivaient pas auparavant et qui concurrencent la biodiversité locale pour des ressources telles que la lumière du soleil et l’eau. Cela entraîne la disparition des espèces indigènes, ce qui modifie la composition de l’écosystème naturel. »

Quelles solutions propose la WWF ?

La WWF insiste sur l’importance des solutions elles-mêmes fondées sur la nature. Il faudrait, selon l’ONG, des changements à l’échelle globale dans les systèmes de production et de consommation.

Infographie de la WWF sur les choix qui peuvent sauver les espèces. // Source : WWF
Infographie de la WWF sur les choix qui peuvent sauver les espèces. // Source : WWF

Comme on le voit sur l’infographie de la WWF, ci-dessus, les choix de transition peuvent inverser la tendance. Cela permettrait de passer d’une chute libre des espèces à leur maintien — et même à une « restauration » possible d’ici 2050. Cette restauration ne signifie pas que les espèces disparues vont remettre, bien évidemment, mais plutôt que la dynamique du vivant (la richesse de la biodiversité) reprendra potentiellement une dynamique positive.


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