Celle Qui Devint le Soleil est un roman de fantasy unique en son genre et à la narration ultra maîtrisée, paru le 18 mai 2022 chez Bragelonne. À mettre entre toutes les mains.

Celle Qui Devint le Soleil marque aux premiers abords par plusieurs choses. Tout d’abord, son incroyable couverture, qui saute aux yeux et qui est assurément l’une des plus belles des vitrines de librairies. Le livre frappe aussi par le résumé qu’on peut lire en 4e de couverture, qui pourrait trop facilement laisser croire qu’il ne s’agit ici que d’une redite de Mulan. Mais Celle Qui Devint le Soleil est bien plus que cela.

On vous le conseillait déjà dans notre guide des meilleurs romans avec des personnages lesbiens : Celle Qui Devint le Soleil vient enfin de paraître aux éditions Bragelonne. Il s’agit sans conteste de l’une des meilleures nouvelles de l’année pour la fantasy. Car le roman de Shelley Parker-Chan, traduit par Louise Malagoli, est non seulement un excellent premier livre, mais il est surtout unique en son genre et aborde avec beaucoup de justesse un thème trop souvent oublié dans la fantasy : le fait d’être queer. Alors, rendez-vous service, et allez immédiatement dans votre librairie chercher ce bijou de fantasy (ou commandez-le).

Une histoire qui n’a rien à voir avec celle de Mulan

L’histoire de Celle Qui Devint le Soleil se déroule dans une période assez peu connue de l’histoire de Chine : pendant l’intendance mongole, au 14e siècle. Les vieilles dynasties ont été remplacées par celle instaurée par l’envahisseur mongol, qui réserve les plus hautes fonctions et les titres de noblesse aux siens. Les Hans sont, eux, contraints à la pauvreté. Le pays vit à ce moment-là une grande période de troubles, entre famines et révoltes.

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Celle Qui Devint le Soleil est paru le 18 mai 2022 // Source : Bragelonne

C’est au milieu de cette époque particulièrement violente que nait Zhu, seule fille d’une famille de paysans pauvre du sud du pays, marquée par la famine. Sa mère et ses autres frères sont déjà morts de faim depuis longtemps lorsque son père l’amène, avec son seul frère encore vivant, voir un oracle.

Ce dernier prédit à son frère un grand destin, rempli de gloire, de prestige et de grandeur. À Zhu, l’oracle ne prédit rien, une vie de néant. Mais quelques jours plus tard, lors d’une attaque de bandits, c’est Zhu qui survit, et son frère qui meurt.

Zhu ne va pas se contenter du destin qu’on lui a prédit. La jeune fille va profiter de la mort de son frère, et prendre sa place dans le monde pour non seulement survivre, mais surtout tenter d’avoir, elle aussi, droit à la grandeur.

Cela n’aura certainement pas échappé aux personnes ayant lu le résumé : il n’y a pas l’air d’y avoir quoi que ce soit de fantastique dans Celle Qui Devint le Soleil. Numerama vous l’assure : le livre de Shelley Parker-Chan est bien un roman fantasy. Il y a bien des éléments fantastiques dans le roman, bien que les intrigues politiques prennent le dessus et que la magie n’apparaisse que par petites touches tout au long du roman. Il ne s’agit pas de la véritable histoire de Chine, ni de celle de la dynastie Ming, et tous les protagonistes sont des personnages de fiction dans cette histoire (on aurait pourtant bien aimé que Zhu ait réellement existé).

Des personnages uniques et une exploration du genre importante

L’histoire de Zhu est absolument fascinante et se lit avec une rapidité qui impressionne. Mais il n’y a pas qu’elle qui mène l’histoire. Les deux autres personnages principaux de l’intrigue sont Ma Xiuying, la fille d’un général de la rébellion, mais surtout le général Ouyang, le chef de guerre du camp opposé et un inoubliable antagoniste. Les trois protagonistes équilibrent parfaitement l’histoire et permettent de questionner tout au long du livre les choix, de plus en plus extrêmes, de Zhu.

Mais l’aspect le plus intéressant de Celle Qui Devint le Soleil est sans conteste son rapport au genre et à la sexualité. En faisant de Zhu quelqu’un qui doit, très jeune, vivre en se faisant passer pour un homme, Shelley Parker-Chan représente pour la première fois dans la fantasy un personnage qui ne rentre pas vraiment dans les cases. Si le mot « non-binaire » n’est jamais clairement posé, Zhu est clairement érigée en personnage queer, dont le genre et la sexualité sont complexes. En cela, Celle Qui Devint le Soleil est incroyablement important, et nous offre enfin l’occasion de découvrir un personnage queer et asiatique.

C’est avec beaucoup de tristesse qu’on referme Celle Qui Devint le Soleil, tant l’histoire est addictive. Mais rassurez-vous : le livre aura une suite, bien que Shelley Parker-Chan n’ait pas encore annoncé une date de publication pour la suite des aventures de Zhu.

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