Maintenant disponible en poche, ce roman de Jean-Baptiste Andréa raconte la quête éperdue d'un paléontologue.

En 2019, les éditions L’Iconoclaste publiaient le deuxième roman de Jean-Baptiste Andréa, Cent millions d’années et un jour. Depuis août 2021, l’ouvrage est disponible en poche chez Folio.

Et si, dans les glaciers alpins, se cachait le squelette d’un énigmatique dinosaure, un « dragon » ? Pour un paléontologue, ce serait la découverte d’une vie. C’est ainsi que Stan, au crépuscule de sa carrière, décide de partir en quête de cet improbable fossile. Il entraîne avec lui son meilleur ami de toujours. Démarre alors un road trip en montagne, une quête scientifique éperdue pour trouver ce dragon.

«  Si nous ne sommes pas capables de croire à une histoire juste parce qu’elle est belle, à quoi bon faire ce métier ? »

« Accrochez-vous à votre âme »

La plume douce et poétique de Jean-Baptiste Andréa cache en réalité un récit assez sombre. Mais ce qui marque, de prime abord, c’est bien la beauté des mots de l’auteur. Le voyage, avant même d’être une exploration scientifique ou une aventure humaine, est celui d’une mélodie littéraire. Le langage de Jean-Baptiste Andréa raconte magnifiquement le monde et les émotions, les deux se confondent, l’environnement est empreint de sentiments tandis que l’âme humaine est un territoire.

« Quand le vent souffle, accrochez-vous à votre âme. »

Source : Folio

Cette écriture sensible et factuelle tout à la fois, alliant le matériel et l’immatériel, épouse parfaitement le voyage de Stan. La quête éperdue de ce paléontologue est-elle tant que cela mue par un objectif scientifique ? Que révèle le voyage sur celui qui l’accomplit ? Cent millions d’années et un jour est avant tout un roman sur les traces, ces vestiges qui peuvent laisser une marque dans la terre pendant des milliers d’années ou ces souvenirs qui peuvent marquer un enfant jusqu’à la fin de sa vie.

L’auteur fait des allers-retours entre l’exploration scientifique du personnage et son enfance, cassant la linéarité du temps pour nous montrer la vie de Stan comme un ensemble — certes fragmenté, comme un fossile. Entre la première ammonite découverte et la silhouette possible du dragon, il y a les rêves brisés du paléontologue, ses déceptions amoureuses, ses amitiés mises à rude épreuve, la violence de son père et les « yeux d’Amérique » de sa mère.

L’expédition de Stan confronte rêve et réalité, avec une mélancolie sans cesse palpable faite de la souffrance des rêves volés ou brisés, constellée par un idéal impossible. Jean-Baptiste Andréa se fait chroniqueur de la notion même de désenchantement. Mais il ne s’en fait pas juge pour autant. Car l’idéal de Stan, qu’il soit malmené, fracassé, gelé, semble aussi survivre à tout et dégage une force certaine, une force étrange.

Si le roman se nomme Cent millions d’années et un jour, soit le temps qui sépare le paléontologue du fossile qu’il recherche, c’est peut-être parce que Jean-Baptiste Andréa explore le temps lui-même comme une histoire — à travers les empreintes qu’il laisse. Et l’auteur met le temps géologique et le temps d’une vie humaine sur un pied d’égalité en la matière.

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