Wavelenghts, DLC de True Colors, nous plonge dans l'intimité d'une vie. Steph est, en définitive, un personnage marquant de la saga Life is Strange.

En quittant Haven Springs, à la fin de Life is Strange True Colors, nous n’avions plus qu’une envie : retourner dans cette petite ville colorée qui nous avait fait passer par tant d’émotions. C’est ce petit plaisir que nous offre Wavelenghts, le DLC du jeu, disponible depuis le 30 septembre 2021 sur Xbox One/Series, Playstation 4/5 et PC.

Cette extension nous emmène dans un seul et même endroit de Haven Springs : le magasin de musique et son studio de radio. Nous y incarnons Steph, une année avant l’arrivée d’Alex Chen dans la ville et leur rencontre. Le personnage était déjà marquant dans True Colors, mais les ellipses empêchaient d’approfondir la psychologie du personnage. Cet épisode complémentaire corrige le tir et confirme que Steph — musicienne, DJ et adepte de jeux de rôle — fait dorénavant partie des figures de Life is Strange que l’on n’oubliera pas.

Steph aux commandes de la station radio de Haven Springs dans Wavelenghts. // Source : Capture d’écran Numerama

Le parti pris du DLC est assez culotté, puisqu’il rompt avec la narration habituelle de la saga : durant les quelques 4-5h de jeu, vous ne quitterez pas le magasin une seule fois et ne croiserez littéralement personne d’autre que Steph. Les interactions avec d’autres personnages se font exclusivement par téléphone (ou en visio). Ce cadre minimaliste en huis clos est un pari, a fortiori pour une licence basée sur la narration d’une aventure humaine et donc sur les interactions sociales. Le pari est réussi et cela donne au DLC une place à part entière dans la franchise.

Dans l’intimité d’une vie

Votre mission dans Wavelenghts est simple : prendre les commandes de la station de radio et aménager le magasin de musique. Dans cet épisode, Life is Strange prend des allures très sympathiques de jeu de gestion. Il vous faudra tout d’abord gérer l’antenne. Cela signifie diffuser les publicités des sponsors et passer les disques de votre choix parmi le catalogue de vinyles à disposition — de la musique indé, fidèle à l’atmosphère musicale de la saga. Il faudra également rendre le magasin attrayant en le modernisant. Enfin, vous pourrez utiliser une appli de rencontre pour aider Steph à réparer son cœur nouvellement brisé.

Steph est la DJ de la station radio de Haven Springs. // Source : Capture d’écran Numerama

Le versant gestion reste limité car les choix sont (très) restreints et leur impact est faible. Votre marge de manœuvre est un cheval de Troie affectif : elles servent à entrer en empathie, à nous plonger dans l’intimité de la vie de Steph, au fil de quatre saisons. La proximité émotionnelle se tisse instantanément avec elle. Non seulement parce qu’on la connaît déjà, mais aussi car en l’absence d’autres personnages, on porte une attention accrue à ses pensées lors de notre exploration, saison après saison, du lieu. Sa solitude devient poreuse : à travers cette solitude, on la découvre plus profondément que lors de ses interactions sociales dans True Colors. Alors au fil du DLC, on entre littéralement en colocation avec une héroïne drôle et touchante — ainsi que talentueuse dans ce qu’elle aime faire même si elle n’en a pas forcément conscience.

C’est aussi une jeune adulte en pleine quête de soi, qui ne sait pas comment faire tomber son masque social. Le magasin n’est pas seulement son lieu de travail, mais un sanctuaire où Steph peut être elle-même, sans totalement le montrer. À mesure qu’elle le fait évoluer à son image, elle y exprime sa personnalité, à l’abri du regard immédiat des autres. En parallèle, le médium vocal et musical qu’est une émission de radio lui permet de se livrer au monde avec beaucoup plus de fidélité que hors antenne. D’autant qu’à l’antenne, il lui faudra venir en aide à des gens qui, eux aussi, sont perdus.

Bien que Steph ne sache pas pleinement ce qu’elle souhaite faire dans ce monde, elle a au moins une certitude : elle est lesbienne et cette identité, loin de lui ajouter des questionnements, représente une flamme qui l’aide à surmonter beaucoup de choses. C’est ainsi qu’elle décore sa boutique, lorsque c’est l’époque, aux couleurs LGBT+ — le drapeau lesbien est d’ailleurs présent pour la première fois dans la saga. Lors de séquences audio souvenirs, elle se rappelle les fêtes de la Pride auxquelles elle a participé quelques années plus tôt, ces rares moments où, explique-t-elle, disparaissait cette boule au ventre qui l’empêche de se sentir pleinement exister partout ailleurs.

Steph. // Source : Capture d’écran Numerama

Ne vous attendez pas à moult rebondissements ou à une enquête : le DLC Wavelenghts n’est pas tant le récit d’une aventure qu’une exploration de la solitude. Et ce n’est pas une exploration psychologique qui chercherait à tout rationaliser, mais une exploration sensible, bâtie sur une atmosphère musicale, intimiste et, comme True Colors, très chaleureuse.

L’épisode a beau être court et minimaliste, il parvient à sonder l’âme humaine dans sa dimension sociale et à provoquer de l’empathie par le gameplay, un art qui reste décidément toujours bien maîtrisé dans la licence Life is Strange. D’ailleurs, n’oublions pas que Steph a vécu à Arcadia Bay — la ville du premier jeu et de son prequel — puisqu’on l’a rencontrée pour la première fois dans Before the Storm. Cette continuité est présente dans Wavelenghts et un personnage bien connu est furtivement de retour dans le DLC.

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